vendredi 7 septembre 2018

Bonheur obligatoire




Un nouveau stupéfiant collectif
envahit les sociétés occidentales :
le culte du bonheur.

Soyez heureux !
Terrible commandement
auquel il est d'autant plus difficile de se soustraire
qu'il prétend faire notre bien.
Comment savoir si l'on est heureux ?
Et que répondre à ceux qui avouent piteusement :
je n'y arrive pas ?
Faut-il les renvoyer à ces thérapies du bien-être, tels le bouddhisme,
le consumérisme et autres techniques de la félicité ?
Qu'en est-il de notre rapport à la douleur
 dans un monde où le sexe et la santé sont devenus nos despotes ?

  J'appelle devoir de bonheur cette idéologie
qui pousse à tout évaluer sous l'angle du plaisir et du désagrément,
 cette assignation à l'euphorie qui rejette dans l'opprobre ou le malaise
 ceux qui n'y souscrivent pas.
Perversion de la plus belle idée qui soit :
la possibilité accordée à chacun de maîtriser son destin
et d'améliorer son existence.

C'est alors le malheur et la souffrance qui sont mis hors la loi,
au risque, à force d'être passés sous silence,
de resurgir où on ne les attendait pas.
.
"L'euphorie perpétuelle"
.



 


4 commentaires:

  1. Qui pourrait avoir envie d'avoir une vie de malheur?
    Il suffit pourtant que l'envie du bonheur ne soit pas imposée!

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    1. Et que la "forme" du bonheur ne soit pas imposée non plus...:-)

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  2. sans être totalement d'accord avec m'siu Bruckner, il n'est pas faux que l'injonction au bonheur sonne comme une obligation de réussite ; du coup, si on n'est pas heureux, c'est qu'on a échoué et qu'on en est responsable : double, voire triple pleine.
    :(

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    1. C'est ça...

      Si le bonheur ne dépend QUE de toi...et que tu n'es pas heureux...c'est de ta faute, mon vieux ! ;-)
      Tu n'as pas fait ce qu'il fallait, tu as pensé négativement, tu ne t'es pas donné les moyens de réussir...(culpabilisation terrible et injuste).

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