lundi 4 février 2019

La liberté n'est jamais individuelle





La liberté n’est jamais individuelle.
Les premiers penseurs de la liberté la conçoivent d’ailleurs
comme expression d’une parole dans la vie publique.

Pour Platon ou Aristote, être libre, c’est être citoyen.
Il s’agit de pouvoir vivre l’expérience du dialogue,
sortir de son espace privé pour aller sur la place publique.

L’esclave, lui, est confiné à l’espace domestique,
au service du maître.
Il ne vit son expérience d’homme qu’au sein d’un espace privé.

Il faut que nous soyons devenus des esclaves
pour croire que la liberté est surtout l’exercice privé de sa volonté propre
ou l’expression publique de désirs seulement individuels.
(...)


La liberté se partage.
.

Martin Steffens
.




19 commentaires:

  1. Beau texte! ... et il y a encore du travail!

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  2. La liberté avec le sens de l'intérêt commun ….Et ce sera presque parfait !!

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    1. Oui...mais c'est plus subtil que ça : on nous accorde certaines libertés (exemple : liberté sexuelle) purement individuelles, pendant que les libertés publiques (liberté de manifester, de s'organiser collectivement...) sont mises à mal.

      Certaines libertés qui nous paraissaient "évidentes" sont chaque jour rognées un peu plus (se promener dans la rue sans être reconnu, se déplacer là où l'on veut...etc) dans l'indifférence ou presque !

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    2. Pour comprendre où se situe le "piège", on peut relire, par exemple, cet article :
      https://lefildariane1234.blogspot.com/2018/10/la-politique-de-loxymore-2.html

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  3. La liberté est un conditionnement.
    L'illusion est de croire que l'on peut en sortir.
    Disons que l'on a quelques petites marges de manœuvre…
    Comme l'illusion d'une spiritualité qui ne serait pas conditionnée
    on peut toujours croire que l'on parviendra à réaliser l'option d'une pluie qui tomberait vers le haut.
    Avec Internet c'est certainement devenu possible.
    Je dis ça… je dis rien…

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    1. :-)
      Bel oxymore...
      mais je ne suis pas vraiment d'accord...

      Et si la Liberté était un...Chemin ?
      Un chemin à parcourir, qui nous mènerait, non vers la Liberté absolue, qui n'est pas atteignable, mais, petit à petit...vers moins de conditionnement et moins d'illusion ?

      Et si ce chemin ne pouvait être parcouru qu'avec les autres, dans un élan collectif ?

      Pour moi, la spiritualité est (comme l'étymologie l'indique), la recherche de l'Esprit...non d'un Esprit désincarné perdu dans le ciel, mais l'Esprit qui est notre part intime, secrète et inaltérable. Et cette recherche est, me semble-t-il, justement ce qui nous rend libres, ce qui nous libère du conditionnement.

      A ne pas confondre avec la Religion, plus institutionnalisée, qui, elle, est souvent proche du conditionnement.

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    2. Allez, disons que j'avais envie de te titiller quelque peu par ce commentaire à l'emporte-pièce… qui soulève quand même la question qui n'est pas inintéressante de nos nombreux conditionnements de tous ordres. Et surtout ceux qui sont inconscients.

      Je partage que la liberté est un chemin à la fois solitaire et collectif. Un chemin particulièrement difficile et ardu. J'en sais quelque chose à l'âge avancé qui est le mien… j'ai plus d'une fois abordé ce thème depuis 19 ans que je blogue…
      Quant à la spiritualité c'est une expérience incarnée personnelle, dont l'authenticité se vérifie dans l'échange avec d'autres semblables. Elle libère partiellement en nous permettant d'agrandir notre tente intérieure. On gagne de la toile en repoussant les piquets. Autrement dits nous demeurons limités

      Merci d'avoir pris la peine de répondre mon commentaire.

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    3. Là, on est d'accord...

      Mais la question valait la peine d'être soulevée...ne serait-ce que parce que la "mode" (plus ou moins new-ageuse) est à une spiritualité assez nombriliste...qui ne met l'accent que sur la liberté et la libération personnelle, en oubliant généralement le contexte social et politique.

      Les deux libertés ne sont pourtant pas inconciliables...les vies de Mandela et de Gandhi en sont des exemples éminents.

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    4. La « spiritualité nombrilisme » c'est assez petit bras !
      Ceux qui sont allés suffisamment en profondeur pour accueillir, côtoyer et aimer le « plus-grand-que-soi-en-soi », sont généralement les Fondateurs d'un réel renouveau dans l'humanité. Renouveau évidemment adapté au contexte de l'époque concernée. Il y a ceux que tu cites et bien d'autres évidemment, depuis la nuit des temps.

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    5. Oui...c'est ça : toucher au "coeur du coeur" amène à toucher tout ce qui existe...et a une profonde influence sur l'humanité dans son ensemble.
      Mais c'est bien différent de ce qu'on appelle le "développement personnel"...qui, lui, comme son nom l'indique, reste bien souvent "personnel".

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    6. Je comprends ce que tu dis à propos du « développement personnel ». Il est dommage que l'expression ait été au fil des ans devenus synonymes de « développement de son égocentrisme et de son individualisme ». J'ai lu récemment que le développement personnel passait obligatoirement par le végétarisme …
      Mieux vaut sans doute parler de développement de la connaissance de soi, de ses aspirations profondes et de ses besoins vitaux, et des entraves à la mise en œuvre. Sachant que l'on rencontre souvent comme aspiration profonde le désir de donner un sens à sa vie concourir à la construction d'une humanité conforme à la conscience universelle des enjeux sociaux et planétaires. C'est plutôt celui qui ne se connaît pas lui-même en ces zones profondes qui est le plus égocentrique.

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    7. Le paradoxe est le suivant : plus on plonge au coeur de soi-même et plus on s'ouvre à l'universel...
      ("C'est le "Connais toi toi-même et tu connaîtras l'univers et ses dieux").

      Le problème est qu'au lieu d'aller dans les grandes profondeurs, beaucoup proposent des "méthodes" qui ne font qu'effleurer la surface...tout en donnant une sensation passagère de "bien-être"...

      C'est une sorte d'"enfumage généralisé" qui alimente un grand nombre de "stages" en tout genre et fait surtout du bien ...au porte-monnaie de ceux qui les organisent !

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    8. Un bon article sur les "pièges du chemin spirituel", ici :

      http://daath10.blogspot.com/2014/05/obstacles-impasses-et-pieges-de-la-vie.html

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  4. Mais on s'est un peu éloigné du sujet de départ qui portait sur "libertés individuelles" et libertés collectives :
    Pour bien comprendre ce "piège-là", je conseille (encore et toujours) de relire "Le meilleur des mondes" de Huxley : un chef d'oeuvre pour ouvrir les yeux sur la "fausse liberté"...

    L'auteur y décrit un monde soi-disant hautement civilisé qui offre la "paix" (au sens d'absence apparente de conflit), la sécurité et le confort matériel... tout en ôtant la liberté essentielle (celle qui consiste à vivre une vie qui ait du sens et de la profondeur).

    On y offre une certaine "liberté privée" (droit au plaisir) tout en cadenassant totalement les libertés sociales (chacun est "programmé" pour occuper une place et une fonction déterminée) grâce à un conditionnement intensif.

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  5. J'ai lu ce livre dans ma jeunesse…. Je devrais le relire d'ailleurs.

    La génération montante (pour moi les jeux sont faits…) biberonnée aux réseaux sociaux aura de la difficulté, non seulement à prendre conscience de son conditionnement intensif, mais surtout à s'en extraire…

    On peut aussi lire une de mes excellentes nouvelles : « le Mutateur » dans le recueil « à vélo vers l'éternité » publié sous mon nom de plume : Alain Rohand ! Dont l'une aborde ce sujet d'un monde qui aurait dû être merveilleux… mais qui inaugure… la catastrophe…

    Merci d'accueillir ma page de pub !
    https://www.thebookedition.com/fr/a-velo-jusqu-a-l-eternite-p-344659.html

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  6. Ah mais...il a l'air passionnant ce livre (je parle du tien, bien sûr)...tu as un beau brin de plume, dis donc !

    Quant à celui d'Huxley, je l'avais moi aussi lu dans ma jeunesse et à l'époque, j'avais pensé que c'était vraiment de la science-fiction...
    Quand je l'ai relu il y a dix ans, ce fut une tout autre impression : l'impression qu'on y était presque...en tout cas, qu'il ne manquait pas grand-chose pour qu'on y soit, dans ce "meilleur des mondes"...

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    1. Oui, moi aussi à l'époque, c'était intéressant de comme manière de faire passer des messages. Mais je ne croyais pas non seulement que ça puisse arriver un jour, mais qu'en plus je puisse en connaître moi-même les prémices inquiétants…
      … à moins que… la génération XXIe siècle en décide autrement…

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    2. Oui, je crois aussi qu'on peut en décider autrement...à condition d'ouvrir les yeux à temps.

      Le film qui a été tiré du livre d'Huxley peut être visionné ici :
      https://lefildariane1234.blogspot.com/2018/09/brave-new-world.html

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