lundi 21 septembre 2020

Scandale de la vérité

 
 
 
Si le scandale vient de la vérité,
il faut supporter le scandale 
plutôt qu'abandonner la vérité.
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Saint Grégoire le Grand
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Bernanos est mort prématurément à soixante ans, en 1948. 
On se demande parfois si nous ne sommes pas parvenus
 au point où il craignait que nous arrivions. 
 
"L’homme consommateur, prévenait-il, est tout occupé 
à courir derrière sa fortune et sa sécurité, 
il ne demandera au fond qu’à renier des libertés 
dont il ne veut plus courir le risque."
....
 
 
 Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, 
tel est le sort des imbéciles. 
 
Toute la vie d’un de ces infortunés ne suffirait pas probablement 
à lui permettre d’assimiler la moitié des notions contradictoires 
qui, pour une raison ou pour une autre, 
lui sont proposées en une semaine.
 
 Oui, je sais que je suis presque seul à dénoncer si violemment 
ce crime organisé contre l’esprit. 
 (...)

La plus redoutable des machines 
est la machine à bourrer les crânes, 
Georges Bernanos
"La France contre les robots"
 
Voilà longtemps que je le pense, 
si notre espèce finit par disparaître 
un jour de cette planète, 
grâce à l'efficacité croissante des techniques de destruction, 
ce n'est pas la cruauté qui sera responsable de notre extinction
et moins encore, bien entendu, l'indignation qu'elle inspire, 
les représailles et les vengeances qu'elle suscite ;
ni la cruauté, ni la vengeance,
mais bien plutôt la docilité, 
l'irresponsabilité de l'homme moderne,
son abjecte complaisance à toute volonté du collectif.

Les horreurs que nous venons de voir, 
et celles pires que nous verrons bientôt, 
ne sont nullement le signe que le nombre des révoltés, 
des insoumis, des indomptables, augmente dans le monde, 
mais bien plutôt que croît sans cesse, avec une rapidité stupéfiante, 
le nombre des obéissants, des dociles, 
des hommes, qui, selon l'expression fameuse 
de l'avant-dernière guerre,
"ne cherchaient pas à comprendre". 
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"La France contre les robots"
1944
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