lundi 19 octobre 2020

La vérité par le nombre ?

 

 
La vérité d'une idée ou d'une affirmation
 est-elle garantie par le nombre de personnes 
qui s'en réclament ?

On a souvent tendance à penser
que la "majorité" a forcément raison...
Mais cette "règle de la majorité" est-elle fiable ?
Est-il bon
de "penser ce que tout le monde pense", 
de "faire ce que tout le monde fait" ?

En philosophie, on part souvent du principe 
qu'il faut "interroger" les évidences, 
les opinions toutes faites...
C'est ce que faisait, par exemple, Socrate...
 
Mais ayant dépassé l'opinion commune, 
le "sage" se retrouve souvent seul ...
ce qui le place dans une position très délicate...

On pourrait citer d'innombrables exemples, 
mais j'en retiendrai deux, parmi les plus célèbres : 
 
Galilée et Giordano Bruno, tous deux persécutés 
pour avoir défendu, un peu trop tôt, une vérité, 
qui deviendrait, ensuite, une évidence pour tous : 
la Terre est ronde et tourne autour du soleil, 
dans un univers sans limite... 
 

En ces temps troublés, nous ferions donc 
bien de nous souvenir de cet état de fait :
l'opinion commune ou celle de la majorité 
n'est pas garantie de vérité...
c'est même souvent le contraire !
 
 
Evitons donc, le plus possible,
et cherchons "notre" vérité...
 
.
La Licorne
.
 
 
 
 





6 commentaires:

  1. Jung avait remarqué que le niveau d’intérêt ou de sens d’un échange entre personnes, lors d’un dîner par exemple, était inversement proportionnel au nombre de personnes participant à ce dîner et participant à l’échange. La règle psychologique qu’il en a tirée est que dans un groupe le niveau de conscience tend vers le niveau de conscience du moins conscient des membres du groupe. Le niveau de conscience d’une foule prise dans son ensemble n’est jamais le niveau de conscience des personnes les plus conscientes qui se trouvent au sein de cette foule, mais il est ramené au niveau de conscience des personnes les moins conscientes présentes au sein de la foule. Le niveau de conscience global de la foule est en somme ramené au plus petit dénominateur commun, c’est à dire au niveau de conscience (minimum) commun à toutes les personnes composant la foule.

    Jung a également dit que l’humanité n’en était qu’à "sa préhistoire psychologique", ce qui est sûrement très vrai ! Nous avons beaucoup de chemin à faire sur la route de l’élargissement de la conscience…

    Amezeg

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui...et quand on a affaire à une foule (un très grand nombre d'individus différents), le "plus petit dénominateur commun" , c'est, presque toujours, le niveau qu'on pourrait dire "animal" (c'est-à-dire les besoins physiques ou physiologiques et un niveau mental très "concret").

      C'est bien là le piège de la démocratie : bien que ce ne soit pas le plus mauvais système, la décision démocratique a cet inconvénient de toujours "tirer la décision vers le bas", par le simple fait que c'est le grand nombre qui "décide" et que ce grand nombre est, le plus souvent, mû par des désirs immédiats et assez "basiques" (survie, sécurité)...et non par des désirs un peu plus "sages", prenant en compte l'intérêt général (intérêt de toute l'humanité) et le long terme (avenir de la planète)...

      Parfois, je me mets à rêver (rêve très utopique) d'une "sophiacratie"...:-)

      https://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2016/01/22/la-sophiacratie-ou-la-gouvernance-de-la-sagesse-273515.html

      Supprimer
    2. Un faible niveau de conscience rend l’individu plus suggestible, plus faible et désarmé devant la manipulation. Il en est de même, hélas, pour la foule dont le niveau global de conscience tend vers le niveau de conscience des individus les moins conscients la composant ! L’élévation progressive du niveau de conscience de l’ensemble des individus, au fil des siècles, des millénaires, des ères…, semble être la seule possibilité pour que le niveau de conscience minimum s’élève et dote tout un chacun d’une meilleure capacité à ne pas se laisser piéger par la manipulation psychique/psychologique. Devenir plus conscients de la façon dont les grands instincts archaïques et basiques présents en nous peuvent "tirer les ficelles" et nous conduire parfois au pire, à la catastrophe, semble bien être l’un des grands chantiers de l’évolution psychique/psychologique de l’humanité…

      Amezeg

      Supprimer
    3. Oui, je suis d'accord, c'est par l'élévation du niveau de conscience global qu'on peut s'en sortir...et retrouver un peu de "grandeur"... :-)

      Supprimer
  2. « L’argument le plus décisif contre la « démocratie » se résume en quelques mots : le supérieur ne peut émaner de l’inférieur, parce que le « plus » ne peut pas sortir du « moins » ; cela est d’une rigueur mathématique absolue, contre laquelle rien ne saurait prévaloir. Il importe de remarquer que c’est précisément le même argument qui, appliqué dans un autre ordre, vaut aussi contre le « matérialisme » ; il n’y a rien de fortuit dans cette concordance, et les deux choses sont beaucoup plus étroitement solidaires qu’il ne pourrait le sembler au premier abord.
    Il est trop évident que le peuple ne peut conférer un pouvoir qu’il ne possède pas lui-même ; le pouvoir véritable ne peut venir que d’en haut, et c’est pourquoi, disons-le en passant, il ne peut être légitimé que par la sanction de quelque chose de supérieur à l’ordre social, c’est-à-dire d’une autorité spirituelle; s’il en est autrement, ce n’est plus qu’une contrefaçon de pouvoir, un état de fait qui est injustifiable par défaut de principe, et où, il ne peut y avoir que désordre et confusion.

    René Guénon « La crise du monde moderne » 1927

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est logique, en effet...
      Et c'est pourquoi, avant notre organisation "moderne", les monarques se réclamaient de "Dieu" ou du Divin.

      Il est bien possible qu'une partie de la "confusion" dans laquelle nous sommes, en ce début de 21ème siècle, vienne de ce que nous ne fions plus, pour gouverner et décider, qu'à des principes humains (trop humains), rationnels (trop rationnels) et matérialistes...

      Nous avons perdu "l'Esprit"...nous sommes dans une société "sans esprit"...et en perdant cette connexion avec l'Esprit, nous avons perdu l'"ordre" qu'il amène.

      Supprimer