vendredi 14 mai 2021

La fraude des mots

 

 


La perversion de la cité

commence par la fraude des mots.

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Platon

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NOVLANGUE

 

La novlangue permet aux hommes de pouvoir 
d'obtenir du peuple un chose très importante :
 
Elle permet de commettre les pires méfaits 
au nom de valeurs charitables, 
généreuses et bienfaisantes.
 
La problématique est toute simple : 
comment faire accepter à la population, 
sans violence ni contrainte,
quelque chose qu'elle aurait tendance à réprouver ? 
Comment obtenir un consensus et une acceptation ? 
 
On commencera, par exemple, à renommer la chose, mauvaise par essence, 
afin de lui enlever toute connotation négative, pour lui accoler, ensuite, 
une série de qualificatifs reconnus comme universellement positifs.
 
 
Les notions de justice, de droiture et de liberté 
ressortent alors invariablement 
des discours des figures de l'autorité
 
 par un simple biais cognitif malheureusement très répandu, 
on estimera que nous contestons aussi les valeurs 
dont le bonimenteur (car il s'agit de cela) 
se fait le héraut. 
 
Et personne ne désire vraiment cela, voyons-nous. 
On en vient donc à accepter, par confort moral, 
le nouveau sens des mots qui sont entendus. 
 
Et lorsque nous finissons, en abdiquant de la sorte,
 par cautionner d'horribles choses joliment renommées, 
ne devenons-nous pas, nous aussi, 
 indirectement responsables de tous ces méfaits ?
.
 
 
 
 
 


2 commentaires:

  1. J'aimais assez enfants lorsque j'étais « le petit paralysé »
    ça avait quelque chose de sympathique, protecteur, et plutôt gentil.
    Et puis je suis passé à « handicapé »
    pour terminer en « personne à mobilité réduite »
    Je ne crois pas y avoir gagné quoique ce soit.
    En revanche je connais un certain nombre de gens : « à intelligence réduite »… et si c'était que l'intelligence !
    Fort heureusement me voici désormais « personne senior » enfin en capacité de me diriger vers une fin de vie très agréable au sein d'un établissement « du grand âge » qui m'offrira la possibilité de partir en paix.
    (Bref, de crever rapidement, [on fait tout pour !…] parce que les vieux feraient bien de se décider à ne plus nous faire chier et sentir l'urine dans leur couche confiance. De plus on va pouvoir palper l'héritage. Il était temps).

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    1. Bel exemple, en effet, du glissement des mots...les mots se font de plus en plus "gentils" et "inoffensifs", pendant que la réalité, elle, vire vers quelque chose de beaucoup moins "gentil".
      C'est comme ça qu'on "édulcore" les faits...

      Et puis il y a aussi toutes les situations où ce qui pose problème n'est même pas "nommé"...c'est encore pire !
      De l'innommé, on glisse assez vite vers "l'innommable"...

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