mercredi 23 mai 2018

Penser l'impensable





Ce qui nous sépare du pouvoir rédempteur qui nous habite,
ce sont les représentations idéologiques de notre société
 que nous avons sucées avec le lait de notre mère.
(...)
Le plus difficile pour nous Occidentaux
c'est de penser ce pour quoi nos sociétés
n'ont pas de concepts, pas de réceptacles,
pas de structures préfabriquées.
Le plus difficile c'est la haute voltige de l'imaginable.

Les plus grands tabous ne sont pas seulement
ancrés dans les corps, ils paralysent l'esprit imaginant,
ils interdisent l'accès au non-pensé socioculturel.

Que de fois, lorsque nous évoquons
de nouvelles constellations relationnelles
et/ou d'ordre économique ou social,
la première réaction est de rejet :
"Tu rêves, c'est impossible, ça n'ira pas,
tu vois bien comment ça se passe..."
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Christiane Singer
"Où cours-tu, ne sais-tu pas
que le ciel est en toi ?"
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mardi 22 mai 2018

Graines

 
ZAD Notre-Dame des Landes 
 
 
Ils ont essayé de nous enterrer :
ils ne savaient pas que nous étions des graines.
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Proverbe mexicain
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jeudi 10 mai 2018

Le chant de l'âme


 
 
La vie ne nous appartient pas, c'est nous qui lui appartenons.
Elle est transcendante pour la simple raison
que tout en palpitant au plus intime de nous,
elle est infiniment au-dessus et au-delà de nous.
Nous ne pouvons que nous en remettre à elle en toute confiance.
 
Quand les âmes se font chant,
Le monde d'un coup se souvient.
La nuit s'éveille à son aube ;
Le souffle retrouve sa rythmique.
Par-delà la mort, l'été
Humain bruit de résonance
Quand les âmes se font chant.
 
Écoutons Kandinsky : "L'artiste est la main qui, par l'usage convenable
de telle ou telle touche, met l'âme humaine en vibration (...)
 Cézanne savait faire d'une tasse de thé une création douée d'une âme,
 ou plus exactement reconnaître dans cette tasse un être"
 (Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier).
Tous les êtres ne sont pas forcément artistes,
mais toute âme a un chant.
Elle est à même de répondre à d'autres chants qui lui parlent.
 À toutes les époques, dans toutes les cultures,
 chaque âme a une musique qu'elle aimerait entendre
au moment de quitter le berceau terrestre.
L'âme n'aura de cesse de résonner
avec un chant plus vaste que soi.
 
Ne quémande rien. N'attends pas
D'être un jour payé de retour.
Ce que tu donnes trace une voie
Te menant plus loin que tes pas.
 
François Cheng
 
 
Soudain, nous viennent des flots
De larmes, nous plongeant dans
L'abîme du silence, larmes
De peine, larmes de joie,
Gouttes de pluie qui glissent
Leurs perles sur les feuilles
De lotus, que vient sécher
Un inattendu rayon
De soleil, déjà ardent,
Déjà irradiant, déjà nimbé
De poignante douceur, hors
De toutes voix, hors
De toutes voies, dans
L'innocence de l'instant,
Dans l'abîme de la désormais
Insondable souvenance.
 
 
Ici, à l'ombre, nous avons murmuré
Des choses, et puis tout d'un coup
Nous nous sommes tus,
De crainte qu'à trop toucher
Le secret nos mots ne deviennent cendres.
Une coupe d'encens couvant l'attente
Nous protège du dehors, là,
Près de la fenêtre entrouverte,
L'éclatante pivoine, ivre
De son rêve de rondeur, de parfum,
S'ouvre sans frein au soleil,
Fontaine de pétales jaillie du fond
Aux laves irrévélées, pure flamme
En son interminable délire,
En son irrépressible, inépuisable
vouloir-dire.
 
Le chant le plus authentique est plus
qu'un produit maîtrisé par l'esprit ;
 il jaillit bien de l'âme.

La grande affaire pour un artiste, j'en suis persuadé maintenant,
c'est d'entendre et de donner à entendre  l'âme qui l'habite
et qui résonne de fait  à l'âme cachée de l'univers.
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François Cheng
"Cinq méditations sur la mort,
autrement dit sur la vie"
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mardi 8 mai 2018

Je n'aime pas la guerre




Je n'aime pas la guerre.
Je n'aime aucune sorte de guerre.
Ce n'est pas par sentimentalité.
Je suis resté quarante-deux jours
devant le fort de Vaux et il est difficile
de m'intéresser à un cadavre désormais.

Je ne sais pas si c'est une qualité ou un défaut :
c'est un fait.
Je déteste la guerre.
Je refuse la guerre pour la simple raison
que la guerre est inutile.
Oui, ce simple petit mot.
Je n'ai pas d'imagination.
Pas horrible ; non, inutile, simplement.
Ce qui me frappe dans la guerre
ce n'est pas son horreur : c'est son inutilité.
Vous me direz que cette inutilité précisément est horrible.
Oui, mais par surcroît.

Il est impossible d'expliquer
l'horreur de quarante-deux jours d'attaque devant Verdun
à des hommes qui, nés après la bataille, sont maintenant
dans la faiblesse et dans la force de la jeunesse...

Vous ne pouvez pas leur prouver l'horreur.
Vous n'avez plus rien à votre disposition que votre parole :
vos amis qui ont été tués à côté de vous
n'étaient pas les amis de ceux à qui vous parlez ;
la monstrueuse magie qui transformait
ces affections vivantes en pourriture,
ils ne peuvent pas la connaître ;
le massacre des corps et la laideur des mutilations
se sont dispersés depuis vingt ans
et se sont perdus silencieusement
au fond de vingt années d'accouchements journaliers
d'enfants frais, neufs, entiers, et parfaitement beaux.

À la fin des guerres il y a un mutilé de la face,
un manchot, un boiteux, un gazé... pour dix hommes ;
vingt ans après il n'y en a plus qu'un pour deux cents hommes ;
on ne les voit plus ; ils ne sont plus des preuves.
L'horreur s'efface.

Et j'ajoute que malgré toute cette horreur,
si la guerre était utile
il serait juste de l'accepter.
Mais la guerre est inutile
et son inutilité est évidente.
L'inutilité de toutes les guerres est évidente.

Qu'elles soient défensives, offensives, civiles,
pour la paix, le droit, pour la liberté,
toutes les guerres sont inutiles.
La succession des guerres dans l'histoire
prouve bien qu'elles n'ont jamais conclu
puisqu'il a fallu recommencer les guerres.

La guerre de 1914 a d'abord été pour nous, Français,
une guerre défensive.
Nous sommes-nous défendus ? Non !
Nous sommes au même point qu'avant.
Elle devait être ensuite la guerre du droit.
A-t-elle créé le droit ?
Non, nous avons vécu depuis,
des temps pareillement injustes.

Elle devait être la dernière des guerres ;
elle était la guerre à tuer la guerre.
L'a-t-elle fait ? Non...
elle n'a tué que des hommes inutilement.
La guerre d'Espagne n'est pas encore finie
qu'on aperçoit déjà son évidente inutilité.

Je consens à faire n'importe quel travail utile,
même au péril de ma vie.
Je refuse tout ce qui est inutile
et en premier lieu la guerre
car son inutilité est aussi claire que le soleil.
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samedi 5 mai 2018

Contre qui ? Contre quoi ?

 
 


 
Pour qui, comment quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?
C'en est assez de vos violences.
D'où venez-vous ?
Où allez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire silence.
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S'il faut absolument qu'on soit
Contre quelqu'un ou quelque chose,
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes.
Je suis pour les forêts profondes,
Car un enfant qui pleure,
Qu'il soit de n'importe où,
Est un enfant qui pleure,
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils
Est un enfant qui meurt.
Que c'est abominable d'avoir à choisir
Entre deux innocences !...
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mardi 1 mai 2018

L'art et la liberté

 
Connaissez-vous Jérôme Mesnager ?
Pionnier du street art, peintre poète et...
homme libre !