mardi 19 février 2019

Vision du monde inspirée




On ne répond à une crise de civilisation ni par une aumône, 
ni par des bricolages politiques, ni par des solutions technocratiques, 
mais par une vision du monde inspirée 
qui ouvre sur un nouvel horizon de sens. 
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lundi 18 février 2019

Du bon usage de la colère





La colère résulte de la compression d'une énergie vitale et créatrice
qui se libère de manière violente et destructrice
si elle n'est pas canalisée avec précision par un idéal et une vision. 
Canaliser cette vitalité créatrice c'est en faire une puissance insurrectionnelle
qui met en mouvement l'énergie spirituelle prise en otage par l'inertie.





Selon Joseph Elchado :
"Ce que montre un moment insurrectionnel 
c'est le retour de la vie dans l'espace social visible.

La puissance insurrectionnelle de la vie libère
une force psychique, créatrice et spirituelle
 jusque-là verrouillée par l'abstraction du mental
au service de la toute-puissance de l'égo.





Une insurrection devient radicale quand elle permet un saut évolutif 
vers un nouveau stade du développement humain.
Sinon, elle n'est que l'expression d'une violence aveugle
et d'une colère explosive dont le destin a toujours été
d'alimenter le système dont elle cherche à se libérer.

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Olivier Breteau
"Le journal intégral"
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samedi 16 février 2019

Sur les barricades






Le spectacle était épouvantable et charmant.
Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade.
Il avait l’air de s’amuser beaucoup. 
C’était le moineau becquetant les chasseurs
il répondait à chaque décharge par un couplet.
On le visait sans cesse, on le manquait toujours.
Les gardes nationaux et les soldats riaient en l’ajustant.
Il se couchait, puis se dressait, reparaissait, se sauvait, revenait,
 ripostait à la mitraillette par des pieds de nez, 
et cependant pillait les cartouches,
visait les gibernes et remplissait son panier.
[…]

La barricade tremblait ; lui, il chantait.
Ce n’était pas un enfant, ce n’était pas un homme,
 c’était un étrange gamin fée.
On eût dit le nain invulnérable de la mêlée.
Les balles couraient après lui, il était leste qu’elles.
 Il jouait on ne sait quel effrayant jeu de cache-cache avec la mort ;
 chaque fois que la face camarde du spectre s’approchait,
le gamin lui donnait une pichenette.
Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres,
 finit par atteindre l'enfant feu follet.
On vit Gavroche chanceler, puis il s'affaissa.
Toute la barricade poussa un cri ; 
mais il y avait de l'Antée dans ce pygmée ;
 pour le gamin toucher le pavé, 
c'est comme pour le géant toucher la terre ;
 Gavroche n'était tombé que pour se redresser ;
il resta assis sur son séant, 
un long filet de sang rayait son visage,
il éleva ses deux bras en l'air,
regarda du côté d'où était venu le coup, et se mit à chanter.

Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau
C'est la faute à... [Rousseau]

 

Il n'acheva point. Une seconde balle du même tireur l'arrêta court.
Cette fois il s'abattit la face contre pavé, et ne remua plus.
Cette petite grande âme venait de s'envoler.
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Victor Hugo
"Les Misérables"


vendredi 15 février 2019

Misère



Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient
qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde ;
la souffrance est une loi divine ;
 mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment
qu’on peut détruire la misère.
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Victor Hugo
"Discours à l'Assemblée nationale législative"
9 juillet 1849
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Vous avez raison, monsieur, quand vous me dites
que le livre Les Misérables est écrit pour tous les peuples.
Je ne sais s’il sera lu par tous, mais je l’ai écrit pour tous.
Il s’adresse à l’Angleterre autant qu’à l’Espagne,
à l’Italie autant qu’à la France,
 à l’Allemagne autant qu’à l’Irlande,
aux républiques qui ont des esclaves
aussi bien qu’aux empires qui ont des serfs.
Les problèmes sociaux dépassent les frontières.
Les plaies du genre humain,
ces larges plaies qui couvrent le globe,
 ne s’arrêtent point aux lignes bleues ou rouges
tracées sur la mappemonde.

Partout où l’homme ignore et désespère,
partout où la femme se vend pour du pain,
partout où l’enfant souffre
faute d’un livre qui l’enseigne
et d’un foyer qui le réchauffe,
 le livre les Misérables frappe à la porte et dit :
ouvrez-moi, je viens pour vous.
À l’heure, si sombre encore,
de la civilisation où nous sommes,
le misérable s’appelle l’homme ;
il agonise sous tous les climats,
et il gémit dans toutes les langues.
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Victor Hugo
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En 2016 :
Un jeune sans abri de 18 ans,
qui s’était introduit dans une maison de Figeac (Lot)
pour y voler du riz et des pâtes « par nécessité »,
a été condamné à 2 mois de prison ferme
par le tribunal correctionnel de Cahors,
selon France 3 Midi-Pyrénées.
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mercredi 13 février 2019

Le point essentiel






Il me semble que depuis des dizaines d'années, 
que ce soit sur le plan politique, religieux, social ou personnel, 
tout concourt à nous enfermer dans notre "bulle"...
Les partis, les syndicats, les groupes de toutes sortes
ne cessent de s'opposer les uns aux autres, 
créant de la discorde et du conflit
dans toutes les strates de la société.


Cela touche jusqu'aux mouvements de "développement personnel", 
qui, malgré leurs aspects positifs, amènent souvent les gens 
à se soucier avant tout d'eux-mêmes, de leur nombril, 
oubliant au passage la détresse de leur voisin.




Peu à peu, nous en sommes arrivés à une telle "atomisation" 
que toute volonté de changement global se heurte 
aux idées et aux intérêts divergents
de ces différents groupes. 
Chaque velléité de transformation se dissout ainsi 
dans les remous des divergences imbéciles
et le sentiment général qui s'en dégage 
est une sensation d'enlisement, 
d'impuissance à agir sur la réalité, 
tandis que la situation, 
ne serait-ce qu'au niveau écologique, 
se dégrade à vue d'oeil.

Le point essentiel me paraît donc, aujourd'hui
de retrouver la capacité de nous UNIR.



 


Nous unir CONTRE les injustices 
et les aberrations de toutes sortes...
Mais surtout nous unir POUR ...
sauver ce qui peut encore l'être...

Nous unir parce que l'on aura enfin compris
que les frontières et les séparations illusoires n'existent pas, 
que tout ce qui touche l'autre
finit, tôt ou tard, par me toucher moi-même...
et que personne n'est à l'abri,
pas même les milliardaires, qui, 
du haut de leur fortune colossale, 
n'échapperont pas, au final, 
au désastre planétaire.
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 Nous ne nous en tirerons pas
sans retrouver, d'urgence,
le sens de la solidarité.
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La Licorne










mardi 12 février 2019

Valeurs de mort valeurs de vie




Les valeurs de mort sont symbolisées aujourd'hui
par la non-conscience chez les citoyens,
l'inconscience par rapport au futur
et le refus de nos obligations
par rapport aux générations à venir.
Cette inconscience peut prendre la forme
soit de l'indifférence, soit de "la guerre à la nature",
soit de la guerre aux valeurs de vie,
soit de la vision à court terme
-je veux du profit maintenant-,
soit enfin de l'approche business as usual,
on fait comme on a toujours fait.
Aujourd'hui, ce genre de comportement
est symbole des valeurs de mort.
Il est devenu dangereux
pour l'avenir de nos enfants.

En revanche, les valeurs de vie
 s'expriment sous la forme 
soit de la préoccupation de notre futur collectif
 et de celui de nos enfants,
 soit de la soif de reconnexion avec le cosmos,
soit du désir d'un niveau de conscience plus élevé.
Ces valeurs et ces comportements nouveaux
 nous poussent à conscientiser et à intérioriser
 le sort de la Terre et des générations futures en nous.
Si bien que nous arrivons finalement à accepter
 que nous pouvons changer.

Certes, ce n'est la faute de personne en particulier,
mais il nous faut changer de manière de penser et d'agir...
si nous voulons survivre.
Mon hypothèse est que l'humanité
 semble être en train de se reprogrammer
 pour organiser sa survie.
Et cela se ferait par le biais du changement des valeurs
et des comportements des citoyens dans le monde entier.
Cela "advient" au plus profond de la personnalité de chacun
 et même au plus profond du corps de chacun.
Mais personne n'en parle.
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"Surgissement d'un nouveau monde"
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lundi 11 février 2019

Sacrée question





A partir de ma double culture française et musulmane, 
j'essaie d'expliquer que nous sommes tous maintenant, 
musulmans et occidentaux, et la planète entière avec nous, 
confrontés à une immense question qui fait 
son grand retour au milieu du monde humain: 
la question du sacré.
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Voilà le défi du siècle qui s'ouvre. 
Il nous renvoie non pas à la crise écologique, 
ni aux crises financières ou politiques, 
ni aux crises géopolitiques, 
mais à la mère de toutes les crises : 
celle du spirituel.
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Et s’il y en a un,
 voilà le vrai visage du totalitarisme aujourd’hui : 
la conspiration terrible, tyrannique et secrète 
de toutes les forces intellectuelles et sociales 
qui condamnent l’être humain 
à une existence sans aucune verticalité. 

samedi 9 février 2019

Insurrection et feu sacré




 
Quelles que soient les scories 
que comporte le mouvement des gilets jaunes, 
quels que soient les parasitages dégradants, 
voyons que, 
dans le soudain redressement des courbés, 
dans la vocifération des ignorés, 
dans l’exaspération des derniers de cordée, 
il y a la revendication d’hommes et de femmes,
 de vieux et de jeunes, d’être reconnus 
comme êtres humains à part entière.

 



Ces paroles d'Edgar Morin font écho à celles
prononcées par la philosophe Simone Weil 
qui témoigne de la grève des ouvrières de la métallurgie
durant le Front Populaire en 1936 :
"Dans ce mouvement, il s'agit de bien autre chose 
que telle ou telle revendication particulière, si importante soit-elle... 
 Il s'agit, après avoir toujours plié, tout subi, tout encaisser en silence
 pendant des mois, des années, d'oser se redresser, se tenir debout. 
Prendre la parole à son tour."

Que peut-on comprendre à l’insurrection des consciences 
en réduisant la force insurrectionnelle aux formes à travers lesquelles elle se manifeste ? 
Bien au-delà du prix de l’essence, le vrai problème c’est la perte de l’essentiel 
qui donne un sens à la vie et une cohésion aux communautés humaines. 
 Perdre l’essentiel c’est réduire l’être humain
 à sa fonction économique de producteur/consommateur
 mais c’est aussi fragmenter les communautés humaines 
en monades individuelles et isolées 
qui en viennent d’abord à s’ignorer puis à se combattre.


L'insurrection des consciences n'est pas  réductible
 au redressement de la courbe du chômage
ou à celle du pouvoir d'achat. 
Elle vise à redresser la tête des hommes,
courbés sous le joug d'un système inhumain, 
afin qu'ils puissent retrouver le sens d'une verticalité 
sans laquelle aucune dignité n'est concevable.




C'est la réaction d'une vitalité créatrice à  la violence technocratique 
qui nie la dignité et la sensibilité des individus 
en contestant leur qualité d’être humain 
pour les réduire à une fonction de simples agents économiques 
dans la grande mécanique du marché.

"Quand on prive les gens de dignité, 
vient un moment donné où ils demandent réparation" 
Michel Onfray.
(...)



Dans les grandes cultures traditionnelles, 
l’être humain est considéré comme un organisme vivant, sentant et conscient 
à l’intérieur duquel s’opère une circulation d’énergie 
entre ces deux pôles, matériel et spirituel, que sont la Terre et le Ciel. 
 Cette circulation énergétique - de bas en haut (transmutation) 
et de haut en bas (inspiration) - s’effectue à travers divers strates : 
la matérialité physique (pied), le feu de la vie (sexe), 
la lumière de l’âme (cœur) et la vibration de l’esprit (tête).



Quand le fétichisme de l'abstraction cristallise le mental 
jusqu'à le couper d'une inspiration supérieure, 
celui-ci se transforme en une sorte de "coiffe" intellectuelle 
(rationaliste et technocratique) 
qui empêche la libre circulation de l’énergie vitale entre Terre et Ciel. 
Ce qui a pour conséquence une pression et une compression énergétique 
à l’origine des nombreux problèmes individuels et collectifs 
évoqués précédemment.

Si on peut qualifier l'insurrection de feu sacré, 
c'est qu'elle relève d'une poussée verticale propre à l'instinct vital. 
L'étymologie permet de mieux comprendre cette dynamique 
puisque le mot "insurrection" est emprunté au bas latin "insurrectio" :
 "action de s'élever" (in : dans ou vers et surgere : surgir). 
Ce mouvement d'insurrection naît du surgissement intérieur
 des forces créatrices de la vie 
animées par le souffle libérateur de l'esprit.
 
Issue des profondeurs de l’instinct vital, une énergie insurrectionnelle 
 va donc chercher à transformer, à renverser, voire à détruire, 
tout ce qui entrave la circulation harmonieuse 
entre les racines telluriques et les branches spirituelles 
de cet arbre de vie et de connaissance qu’est l’être humain.




L'énergie insurrectionnelle émerge des profondeurs instinctives
comme un feu sacré en quête du souffle inspiré 
qui permet à la vie de se libérer de la pesanteur matérielle. 
Cet élan libérateur et transcendant qui anime la force insurrectionnelle 
fait qu’elle est absolument irréductible aux diverses formes 
auxquelles on voudrait la réduire et dans lesquelles on voudrait l’enfermer.

L'insurrection c'est - dans le double sens du terme

 - la manifestation de la vie/esprit 
contre tout ce qui l'empêche de se développer.

L'énergie insurrectionnelle émerge des profondeurs instinctives 
comme un feu sacré en quête du souffle inspiré 
qui permet à la vie de se libérer de la pesanteur matérielle. 
Cet élan libérateur et transcendant qui anime la force insurrectionnelle 
fait qu’elle est absolument irréductible aux diverses formes 
auxquelles on voudrait la réduire et dans lesquelles on voudrait l’enfermer.

 Le sens de la vie est celui de son développement continu. 
Quand ce développement est interrompu, le sens est interdit. 
C'est cette interdiction que transgresse le feu sacré à travers un puissant élan vital 
qui libère la parole, la pensée et l'action.





Effrayés par les incendies à travers lesquels il se manifeste, 
les technocrates cherchent à éteindre ce feu sacré 
au lieu de le canaliser pour en faire le moteur d'un saut évolutif 
rendu nécessaire par la crise de civilisation 
et les risques d'effondrement qu'elle préfigure.

Tous les grands visionnaires qui ont fait évoluer l’humanité 
furent des insurgés contre l’ordre établi, 
qu’il soit social ou politique, culturel ou spirituel.
Rien de grand n’a été fait dans l’histoire
qui ne soit animé par ce feu sacré capable de renverser et de transformer 
 les formes dégénérées qui font obstacle à la force créatrice de la vie/esprit. 
Cette "puissance destituante" du feu sacré est toujours synchrone
 à l'émergence de formes inédites
 à travers lesquelles se manifeste cette force créatrice
(...) 




« Il y a dans toute lutte un côté que l’on peut nommer spirituel… 
 C’est cet aspect symbolique qui est le cœur battant 
de ces régulières révoltes des peuples, 
dont le phénomène des gilets jaunes est l’expression contemporaine. 
Cet aspect est la ressource indomptable de la force morale. »
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Coeur



 
Les drames humains et les drames écologiques
ont la même cause :
En oubliant la vie sensible du monde,
il a fini par s'oublier lui-même.
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Sagesse amérindienne
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vendredi 8 février 2019

Idées fortes pour un monde plus sain et plus éthique


Les développements de la science, de la technique,
 de l’industrie, de l’économie 
qui propulsent désormais le vaisseau spatial Terre, 
ne sont régulés ni par la politique, 
ni par l’éthique, ni par la pensée. 
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Edgar Morin 
"Vers l'abîme ?"
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