dimanche 28 janvier 2018

Paroles d'amérindiens



"Nous aimons la tranquillité;
nous laissons la souris jouer en paix;
 quand les bois frémissent sous le vent,
nous n'avons pas peur."

Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en 1796
.

         Nous le savons: la terre n'appartient pas à l'homme,

l'homme qui appartient à la terre.
le savons: toutes choses sont liées.

Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre.
L'homme n'a pas tissé la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu.
Tout ce qu'il fait à la toile, il le fait à lui-même.

Seattle, chef indien Suquamish

Les Blancs se moquent de la terre, du daim ou de l'ours.
Lorsque nous, Indiens, cherchons les racines, nous faisons de petits trous.
Lorsque nous édifions nos tipis, nous faisons de petits trous.
Nous n'utilisons que le bois mort.
L'homme blanc, lui, retourne le sol, abat les arbres, détruit tout.
L'arbre dit « Arrête, je suis blessé, ne me fais pas mal ».
il l'abat et le débite. L'esprit de la terre le hait.
Il arrache les arbres et les ébranle jusqu'à leurs racines.
Il scie les arbres. Cela leur fait mal.
Les Indiens ne font jamais de mal, alors que l'homme blanc démolit tout.
Il fait exploser les rochers et les laisse épars sur le sol.
 La roche dit « Arrête, tu me fais mal ».
Mais l'homme blanc n'y fait pas attention.
les Indiens utilisent les pierres,
ils les prennent petites et rondes pour y faire leur feu...
Comment l'esprit de la terre pourrait-il aimer l'homme blanc?...
 Partout où il la touche, il y laisse une plaie."

Vieille sage Wintu (Indiens de Californie)

         Je peux me rappeler l'époque où les bisons étaient si nombreux

qu'on ne pouvait les compter,        
mais les Wasichus (hommes blancs) les ont tués tant et tant
qu'il ne reste que des carcasses là où ils venaient paître auparavant.
Les Wasichus ne les tuaient pas pour manger;
les tuaient pour le métal qui les rend fous et ils ne gardaient que la peau pour la vendre. Parfois ils ne les dépeçaient même pas.
Ils ne prenaient que les langues et j'ai entendu parler
de bateaux-de-feu descendant le Missouri chargés de langues de bison séchées.
Parfois ils ne prenaient même pas les langues;
ils les tuaient simplement pour le plaisir de tuer.
Ceux qui ont fait cela étaient des fous.        
Quand nous chassions le bison, nous ne le faisions que selon nos besoins."

Hehaka Sapa, grand chef Sioux

         Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux
qui serpentent en méandres compliqués n'étaient pas « sauvages » à nos yeux.
Seul l'homme blanc trouvait la nature sauvage,
et pour lui seul la terre était « infestée »
d'animaux « sauvages » et de peuplades « sauvages ».
A nous, la terre paraissait douce,
et nous vivions comblés des bienfaits du Grand Mystère.
Elle ne nous devint hostile qu'à l'arrivée de l'homme barbu de l'Est
qui nous accable d'injustices insensées et brutales."

Standing Bear, chef Lakota (Sioux)


Mes jeunes gens ne travailleront jamais.
Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves."


Smohalla, chef indien Sokulls


         Le Grand Esprit nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des antilopes et autres gibier. Mais vous êtes venus et vous m'avez volé ma terre. Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre.
Maintenant vous nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse.
Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement. Mais à nouveau vous nous dites « pourquoi ne devenez-vous pas civilisés? » Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères et leurs pères avant eux.

Crazy Horse, grand chef Sioux du clan Oglalas

         Vous êtes déjà si misérables que vous ne pouvez le devenir plus.

Quel genre d'homme doivent être les Européens?
 Quelle espèce de créature choisissent-ils d'être,
 forcés de faire le bien et n'ayant pour éviter le mal        
d'autre inspiration que la peur de la punition? (...)        
L'homme n'est pas seulement celui qui marche debout sur ses jambes,
qui sait la lecture et l'écriture
et montrer mille exemples de son industrie...
En vérité mon cher frère, je te plains du plus profond de mon âme.
Suis mon conseil et devient Huron.
Je vois clairement la profonde différence entre ma condition et la tienne.
Je suis le maître de ma condition.
Je suis le maître de mon corps, j'ai l'entière disposition de moi-même,
je fais ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation,
je ne crains absolument aucun homme,
je dépends seulement du Grand Esprit.
Il n'en est pas de même pour toi.
Ton corps aussi bien que ton âme sont condamnés
à dépendre de ton grand capitaine, ton vice-roi dispose de toi.
Tu n'as pas la liberté de faire ce que tu as dans l'esprit.
Tu as peur des voleurs, des assassins, des faux-témoins, etc.
Et tu dépends d'une infinité de personne
dont la place est située au-dessus de la tienne. N'est-ce pas vrai ?

Kondiarionk, chef Huron, s'adressant au baron de Lahontan,
 lieutenant français en Terre-Neuve

"Les hommes blancs annonçaient bien haut
que leurs lois étaient faites pour tout le monde,
mais il devint tout de suite clair que,
tout en espérant nous les faire adopter,
 ils ne se gênaient pas pour les briser eux-mêmes.
Leurs sages nous conseillaient d'adopter leur religion
mais nous découvrîmes vite qu'il en existant un grand nombre.
Nous ne pouvions les comprendre, et deux hommes blancs étaient rarement d'accord
sur celle qu'il fallait prendre.
 Cela nous gêna beaucoup jusqu'au jour où nous comprîmes
que l'homme blanc ne prenait pas plus sa religion au sérieux que ses lois.
Ils les gardait à portée de la main, comme des instruments,
 pour les employer à sa guise dans ses rapports avec les étrangers."

Pachgantschilhilas, chef des Delawares

"Chaque année notre envahisseur blanc devient plus avide,
exigeant, oppressif et autoritaire...
La misère et l'oppression, tel est le lot qui nous échoit...
Ne sommes-nous pas dépouillés jour après jour
du peu de liberté qui nous reste ?
A moins que les tribus ne se liguent unanimement
pour modérer les ambitions et l'avidité des Blancs,        
ils nous auront bientôt tous conquis et désunis,
nous serons chassés de notre pays natal
et éparpillés comme les feuilles d'automne par le vent."

Tecumseh, chef Shawnee, en 1812

"Nous ne voulons pas des chariots de feu qui font du bruit (trains à vapeur)
sur les terrains de chasse au bisons.
Si les Visages Pâles s'avancent encore sur nos terres,
les scalps de vos frères seront dans les wigwams des Cheyennes.
J'ai dit !"

Roman Nose, chef-guerrier des Cheyennes, 
s'adressant au général Palmer en 1866 dans le Kansas

         "Les Wasichus nous ont mis dans ces boites carrées (maisons),
notre pouvoir s'en est allé et nous allons mourir
parce que le pouvoir n'est plus en nous.
Nous sommes des prisonniers de guerre tant que nous attendons ici.
 Mais il y a un autre monde."

Hehaka, ou Black Elk (Wapiti Noir), indien Sioux

"Enfant, je savais donner. J'ai perdu cette grâce en devenant civilisé.
Je menais une existence naturelle, alors qu'aujourd'hui je vis de l'artificiel.
Le moindre joli caillou avait de la valeur à mes yeux.
Chaque arbre était un objet de respect.
Aujourd'hui, j'admire avec l'homme blanc un paysage peint
dont la valeur est exprimée en dollars !"

Chiyesa, écrivain indien contemporain

"Je suis allé à l'école des hommes blancs.
J'y ai appris à lire leurs livres de classe, les journaux et la bible.
Mais j'ai découvert à temps que cela n'était pas suffisant.
Les peuples civilisés dépendent beaucoup trop de la page imprimée.
Je me tournai vers le livre du Grand Esprit qui est l'ensemble de sa création.
Vous pouvez lire une grande partie de ce livre en étudiant la nature.
Si vous preniez tous vos livres et les étendez sous le soleil,
en laissant pendant quelque temps la pluie, la neige 
        et les insectes accomplir leur oeuvre, il n'en restera plus rien.
Mais le Grand Esprit nous a fourni la possibilité, à vous et à moi,        
d'étudier à l'université de la nature les forêts, les rivières,
les montagnes, et les animaux dont nous faisons partie."

Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)
.
"L'homme blanc, dans son indifférence pour la signification de la nature,
a profané la face de notre Mère la Terre.
L'avance technologique de l'homme blanc s'est révélée
comme une conséquence de son manque d'intérêt pour la voie spirituelle,        
et pour la signification de tout ce qui vit.        
L'appétit de l'homme blanc pour la possession matérielle et le pouvoir
l'a aveuglé sur le mal qu'il a causé à notre Mère la Terre,
dans sa recherche de ce qu'il appelle les ressources naturelles.
Et la voie du Grand Esprit est devenue difficile à voir
pour presque tous les hommes,
 et même pour beaucoup d'Indiens
qui ont choisi de suivre la voie de l'homme blanc.
Aujourd'hui, les terres sacrées où vivent les Hopis sont profanées
par des hommes qui cherchent du charbon et de l'eau dans notre sol,
afin de créer plus d'énergie pour les villes de l'homme blanc.
On ne doit pas permettre que cela continue.
Sans quoi notre Mère la Nature réagirait de telle manière
que presque tous les hommes auraient à subir la fin qui a déjà commencé.
Le Grand Esprit a dit qu'on ne devait pas laisser cela arriver,        
même si la prédiction en a été faite à nos ancêtres.
Le Grand Esprit a dit de ne pas prendre à la terre,
de ne pas détruire les choses vivantes.
Aujourd'hui, presque toutes les prophéties se sont réalisées.
Des routes grandes comme des rivières traversent le paysage;
l'homme parle à travers un réseau de téléphone        
et il voyage dans le ciel avec ses avions.
Deux grandes guerres ont été faites par ceux
qui arborent le swastika ou le soleil levant.
Le Grand Esprit a dit que si une gourde de cendres était renversée sur la terre,
beaucoup d'hommes mourraient,        
et que la fin de cette manière de vivre était proche.
Nous interprétons cela comme les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki. Nous ne voulons pas que cela se reproduise dans aucun autre pays 
        pour aucun autre peuple; cette énergie devrait servir à des fins pacifiques,
 non pour la guerre.
Nous, les chefs religieux et porte-parole légitimes du peuple indépendant des Hopis, avons été chargés par le Grand Esprit d'envoyer au président des Etats-Unis
et à tous les chefs spirituels une invitation à nous rencontrer
pour discuter du salut de l'humanité, afin que la Paix, 
l'Unité et la Fraternité règnent partout où il y a des hommes."

Lettre des Indiens Hopis au président Nixon en 1970 







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