jeudi 28 février 2019

La survie de l'humanité est en jeu





Je regarde mes enfants, les petits et les grands, et je ne sais pas quoi leur dire… J’ai honte. Les rapports d’experts s’empilent et répètent les mêmes constats lancinants : les animaux disparaissent, les contrées sauvages rétrécissent, les glaces fondent de plus en plus vite, les eaux montent, les records de chaleur s’accumulent, les matières premières se raréfient… Nous allons bientôt dépasser la limite de temps pour agir. L’humanité s’engouffre tête baissée dans une impasse et nous le savons tous.
On se rassure avec de belles histoires de colibri et de goutte d’eau pour éteindre une planète en proie à des incendies de plus en plus gigantesques. On se rassure avec le tri des déchets, les vélos, les boîtes à compost… Si tout cela est bien, nous savons pourtant que les vrais enjeux sont au niveau des nations. Et celles-ci ne semblent toujours pas prendre la mesure de ce qui se prépare.
Plus personne, pourtant, ne peut ignorer l’urgence absolue d’un changement radical. Alors que l’étau se resserre, les peuples se crispent et les populismes prolifèrent.
(...)
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La tragédie humaine a commencé et promet d’être terrible. Nous allons nous déchirer. Ce qui restera de terres viables, de matières premières disponibles, d’eau potable sera âprement disputé. Dans quelques années, commencera à germer l’idée qu’une partie de la population mondiale doit disparaître, en laissant faire les famines, les agents infectieux ou même par les armes si cela ne suffit pas, et l’on expliquera que « c’était eux ou nous ».
(...)

Les cris d’alarme de personnalités scientifiques et les appels citoyens à un sursaut écologique se heurtent à l’inertie mortifère de nos dirigeants. La survie de l’espèce humaine est en jeu, à une échelle de temps incroyablement courte : la nôtre. Nous portons désormais cette sidérante responsabilité.
(...)

Aujourd'hui, face à l'urgence de changer nos modes de vie, il serait logique, avisé, responsable de rassembler toutes les forces vives du pays, de faire fi des divergences pour mettre en place une plateforme transpartisane faisant de la France la première puissance à abandonne les clivages politiques pour se lancer dans la mère de toutes les batailles : la sauvegarde de l'habitabilité de la planète.
Si nous la perdons, nous perdrons toutes les autres. Si nous la perdons, plus rien n'aura de sens. Le combat pour enrayer le réchauffement conditionne tous les autres.
(...)





....si rien ne change rapidement, c'est la fin de l'espèce humaine. La fin des gilets , des foulards, des bonnets jaunes, rouges, verts ou bleus, des fachos comme des fâchés, des cyniques comme des concernés. Les plus pauvres disparaîtront en premier, les riches leur survivront quelque temps dans leurs bunkers dorés. La vie continuera sur terre, mais sans nous.

Que faire ?
Une élection se profile, importante, qui concerne l'Europe. Chaque parti prépare sa liste, chacun espère un score honorable. Il y a quelques mois, j'aurais eu ma petite opinion, j'aurais préféré machin à bidule, participé à un meeting ou deux...Aujourd'hui, tout cela est dérisoire et pathétique. Le bon sens, au vu des dangers, devrait nous faire exiger à ce scrutin une liste, une seule, fédérant toutes les autres et n'ayant qu'une mission : sauvegarder le climat.
(...)

Des spirales vertueuses sont possibles ; nous avons ainsi réussi à stopper la dégradation de la couche d'ozone, et chaque moratoire sur la pêche de telle ou telle espèce de poisson permet la reconstitution des stocks. L'invention et l'énergie que nous arrivons à déployer sont hallucinantes. Imaginez les succès si nous parvenions à nous mobiliser ! Cette lutte serait une nouvelle frontière offerte, aux perspectives infinies.

Le France, le pays qui a su jadis éclairer le monde de ses pensées humanistes, doit retrouver sa force de proposition et d'idées neuves, appuyée par tout un peuple. Elle doit montrer la voie vers un changement radical de mode de vie.

Une seule chose est certaine : si chacun reste à sa place, c'est la fin.

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Philippe Torreton
22 février 2019
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vendredi 22 février 2019

Après demain




Deux ans après le succès phénoménal du documentaire Demain,
Cyril Dion revient sur les initiatives que le documentaire a inspirées.
Il embarque avec lui son amie Laure Noualhat,
enquêtrice de renom sur les fronts de l'écologie
et très sceptique sur la capacité des micro-initiatives
à avoir un réel impact face au dérèglement climatique.

Leur confrontation pleine d'humour
les pousse dans leurs retranchements :
qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui échoue ?
Et si, finalement, tout cela nous obligeait à inventer
un nouveau récit pour l'humanité ?






mardi 19 février 2019

Vision du monde inspirée




On ne répond à une crise de civilisation ni par une aumône, 
ni par des bricolages politiques, ni par des solutions technocratiques, 
mais par une vision du monde inspirée 
qui ouvre sur un nouvel horizon de sens. 
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lundi 18 février 2019

Du bon usage de la colère





La colère résulte de la compression d'une énergie vitale et créatrice
qui se libère de manière violente et destructrice
si elle n'est pas canalisée avec précision par un idéal et une vision. 
Canaliser cette vitalité créatrice c'est en faire une puissance insurrectionnelle
qui met en mouvement l'énergie spirituelle prise en otage par l'inertie.






Selon Joseph Elchado :
"Ce que montre un moment insurrectionnel 
c'est le retour de la vie dans l'espace social visible.

La puissance insurrectionnelle de la vie libère
une force psychique, créatrice et spirituelle
 jusque-là verrouillée par l'abstraction du mental
au service de la toute-puissance de l'égo.





Une insurrection devient radicale quand elle permet un saut évolutif 
vers un nouveau stade du développement humain.
Sinon, elle n'est que l'expression d'une violence aveugle
et d'une colère explosive dont le destin a toujours été
d'alimenter le système dont elle cherche à se libérer.

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samedi 16 février 2019

Sur les barricades






Le spectacle était épouvantable et charmant.
Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade.
Il avait l’air de s’amuser beaucoup. 
C’était le moineau becquetant les chasseurs
il répondait à chaque décharge par un couplet.
On le visait sans cesse, on le manquait toujours.
Les gardes nationaux et les soldats riaient en l’ajustant.
Il se couchait, puis se dressait, reparaissait, se sauvait, revenait,
 ripostait à la mitraillette par des pieds de nez, 
et cependant pillait les cartouches,
visait les gibernes et remplissait son panier.
[…]

La barricade tremblait ; lui, il chantait.
Ce n’était pas un enfant, ce n’était pas un homme,
 c’était un étrange gamin fée.
On eût dit le nain invulnérable de la mêlée.
Les balles couraient après lui, il était plus leste qu’elles.
 Il jouait on ne sait quel effrayant jeu de cache-cache avec la mort ;
 chaque fois que la face camarde du spectre s’approchait,
le gamin lui donnait une pichenette.
Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres,
 finit par atteindre l'enfant feu follet.
On vit Gavroche chanceler, puis il s'affaissa.
Toute la barricade poussa un cri ; 
mais il y avait de l'Antée dans ce pygmée ;
 pour le gamin toucher le pavé, 
c'est comme pour le géant toucher la terre ;
 Gavroche n'était tombé que pour se redresser ;
il resta assis sur son séant, 
un long filet de sang rayait son visage,
il éleva ses deux bras en l'air,
regarda du côté d'où était venu le coup, et se mit à chanter.

Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau
C'est la faute à... [Rousseau]

 

Il n'acheva point. Une seconde balle du même tireur l'arrêta court.
Cette fois il s'abattit la face contre pavé, et ne remua plus.
Cette petite grande âme venait de s'envoler.
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Victor Hugo
"Les Misérables"


vendredi 15 février 2019

Misère



Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient
qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde ;
la souffrance est une loi divine ;
 mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment
qu’on peut détruire la misère.
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Victor Hugo
"Discours à l'Assemblée nationale législative"
9 juillet 1849
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Vous avez raison, monsieur, quand vous me dites
que le livre Les Misérables est écrit pour tous les peuples.
Je ne sais s’il sera lu par tous, mais je l’ai écrit pour tous.
Il s’adresse à l’Angleterre autant qu’à l’Espagne,
à l’Italie autant qu’à la France,
 à l’Allemagne autant qu’à l’Irlande,
aux républiques qui ont des esclaves
aussi bien qu’aux empires qui ont des serfs.
Les problèmes sociaux dépassent les frontières.
Les plaies du genre humain,
ces larges plaies qui couvrent le globe,
 ne s’arrêtent point aux lignes bleues ou rouges
tracées sur la mappemonde.

Partout où l’homme ignore et désespère,
partout où la femme se vend pour du pain,
partout où l’enfant souffre
faute d’un livre qui l’enseigne
et d’un foyer qui le réchauffe,
 le livre les Misérables frappe à la porte et dit :
ouvrez-moi, je viens pour vous.
À l’heure, si sombre encore,
de la civilisation où nous sommes,
le misérable s’appelle l’homme ;
il agonise sous tous les climats,
et il gémit dans toutes les langues.
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Victor Hugo
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En 2016 :
Un jeune sans abri de 18 ans,
qui s’était introduit dans une maison de Figeac (Lot)
pour y voler du riz et des pâtes « par nécessité »,
a été condamné à 2 mois de prison ferme
par le tribunal correctionnel de Cahors,
selon France 3 Midi-Pyrénées.
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mercredi 13 février 2019

Le point essentiel






Il me semble que depuis des dizaines d'années, 
que ce soit sur le plan politique, religieux, social ou personnel, 
tout concourt à nous enfermer dans notre "bulle"...
Les partis, les syndicats, les groupes de toutes sortes
ne cessent de s'opposer les uns aux autres, 
créant de la discorde et du conflit
dans toutes les strates de la société.


Cela touche jusqu'aux mouvements de "développement personnel", 
qui, malgré leurs aspects positifs, amènent souvent les gens 
à se soucier avant tout d'eux-mêmes, de leur nombril, 
oubliant au passage la détresse de leur voisin.




Peu à peu, nous en sommes arrivés à une telle "atomisation" 
que toute volonté de changement global se heurte 
aux idées et aux intérêts divergents
de ces différents groupes. 
Chaque velléité de transformation se dissout ainsi 
dans les remous des divergences imbéciles
et le sentiment général qui s'en dégage 
est une sensation d'enlisement, 
d'impuissance à agir sur la réalité, 
tandis que la situation, 
ne serait-ce qu'au niveau écologique, 
se dégrade à vue d'oeil.

Le point essentiel me paraît donc, aujourd'hui
de retrouver la capacité de nous UNIR.



 


Nous unir CONTRE les injustices 
et les aberrations de toutes sortes...
Mais surtout nous unir POUR ...
sauver ce qui peut encore l'être...

Nous unir parce que l'on aura enfin compris
que les frontières et les séparations illusoires n'existent pas, 
que tout ce qui touche l'autre
finit, tôt ou tard, par me toucher moi-même...
et que personne n'est à l'abri,
pas même les milliardaires, qui, 
du haut de leur fortune colossale, 
n'échapperont pas, au final, 
au désastre planétaire.
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 Nous ne nous en tirerons pas
sans retrouver, d'urgence,
le sens de la solidarité.
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La Licorne










mardi 12 février 2019

Valeurs de mort valeurs de vie




Les valeurs de mort sont symbolisées aujourd'hui
par la non-conscience chez les citoyens,
l'inconscience par rapport au futur
et le refus de nos obligations
par rapport aux générations à venir.
Cette inconscience peut prendre la forme
soit de l'indifférence, soit de "la guerre à la nature",
soit de la guerre aux valeurs de vie,
soit de la vision à court terme
-je veux du profit maintenant-,
soit enfin de l'approche business as usual,
on fait comme on a toujours fait.
Aujourd'hui, ce genre de comportement
est symbole des valeurs de mort.
Il est devenu dangereux
pour l'avenir de nos enfants.

En revanche, les valeurs de vie
 s'expriment sous la forme 
soit de la préoccupation de notre futur collectif
 et de celui de nos enfants,
 soit de la soif de reconnexion avec le cosmos,
soit du désir d'un niveau de conscience plus élevé.
Ces valeurs et ces comportements nouveaux
 nous poussent à conscientiser et à intérioriser
 le sort de la Terre et des générations futures en nous.
Si bien que nous arrivons finalement à accepter
 que nous pouvons changer.

Certes, ce n'est la faute de personne en particulier,
mais il nous faut changer de manière de penser et d'agir...
si nous voulons survivre.
Mon hypothèse est que l'humanité
 semble être en train de se reprogrammer
 pour organiser sa survie.
Et cela se ferait par le biais du changement des valeurs
et des comportements des citoyens dans le monde entier.
Cela "advient" au plus profond de la personnalité de chacun
 et même au plus profond du corps de chacun.
Mais personne n'en parle.
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"Surgissement d'un nouveau monde"
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lundi 11 février 2019

Sacrée question





A partir de ma double culture française et musulmane, 
j'essaie d'expliquer que nous sommes tous maintenant, 
musulmans et occidentaux, et la planète entière avec nous, 
confrontés à une immense question qui fait 
son grand retour au milieu du monde humain: 
la question du sacré.
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Voilà le défi du siècle qui s'ouvre. 
Il nous renvoie non pas à la crise écologique, 
ni aux crises financières ou politiques, 
ni aux crises géopolitiques, 
mais à la mère de toutes les crises : 
celle du spirituel.
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Et s’il y en a un,
 voilà le vrai visage du totalitarisme aujourd’hui : 
la conspiration terrible, tyrannique et secrète 
de toutes les forces intellectuelles et sociales 
qui condamnent l’être humain 
à une existence sans aucune verticalité. 

samedi 9 février 2019

Insurrection et feu sacré



 
Quelles que soient les scories 
que comporte le mouvement des gilets jaunes, 
quels que soient les parasitages dégradants, 
voyons que, 
dans le soudain redressement des courbés, 
dans la vocifération des ignorés, 
dans l’exaspération des derniers de cordée, 
il y a la revendication d’hommes et de femmes,
 de vieux et de jeunes, d’être reconnus 
comme êtres humains à part entière.

 



Ces paroles d'Edgar Morin font écho à celles
prononcées par la philosophe Simone Weil 
qui témoigne de la grève des ouvrières de la métallurgie
durant le Front Populaire en 1936 :
"Dans ce mouvement, il s'agit de bien autre chose 
que telle ou telle revendication particulière, si importante soit-elle... 
 Il s'agit, après avoir toujours plié, tout subi, tout encaisser en silence
 pendant des mois, des années, d'oser se redresser, se tenir debout. 
Prendre la parole à son tour."

Que peut-on comprendre à l’insurrection des consciences 
en réduisant la force insurrectionnelle aux formes à travers lesquelles elle se manifeste ? 
Bien au-delà du prix de l’essence, le vrai problème c’est la perte de l’essentiel 
qui donne un sens à la vie et une cohésion aux communautés humaines. 
 Perdre l’essentiel c’est réduire l’être humain
 à sa fonction économique de producteur/consommateur
 mais c’est aussi fragmenter les communautés humaines 
en monades individuelles et isolées 
qui en viennent d’abord à s’ignorer puis à se combattre.


L'insurrection des consciences n'est pas  réductible
 au redressement de la courbe du chômage
ou à celle du pouvoir d'achat. 
Elle vise à redresser la tête des hommes,
courbés sous le joug d'un système inhumain, 
afin qu'ils puissent retrouver le sens d'une verticalité 
sans laquelle aucune dignité n'est concevable.




C'est la réaction d'une vitalité créatrice à  la violence technocratique 
qui nie la dignité et la sensibilité des individus 
en contestant leur qualité d’être humain 
pour les réduire à une fonction de simples agents économiques 
dans la grande mécanique du marché.

"Quand on prive les gens de dignité, 
vient un moment donné où ils demandent réparation" 
Michel Onfray.
(...)



Dans les grandes cultures traditionnelles, 
l’être humain est considéré comme un organisme vivant, sentant et conscient 
à l’intérieur duquel s’opère une circulation d’énergie 
entre ces deux pôles, matériel et spirituel, que sont la Terre et le Ciel. 
 Cette circulation énergétique - de bas en haut (transmutation) 
et de haut en bas (inspiration) - s’effectue à travers divers strates : 
la matérialité physique (pied), le feu de la vie (sexe), 
la lumière de l’âme (cœur) et la vibration de l’esprit (tête).



Quand le fétichisme de l'abstraction cristallise le mental 
jusqu'à le couper d'une inspiration supérieure, 
celui-ci se transforme en une sorte de "coiffe" intellectuelle 
(rationaliste et technocratique) 
qui empêche la libre circulation de l’énergie vitale entre Terre et Ciel. 
Ce qui a pour conséquence une pression et une compression énergétique 
à l’origine des nombreux problèmes individuels et collectifs 
évoqués précédemment.

Si on peut qualifier l'insurrection de feu sacré, 
c'est qu'elle relève d'une poussée verticale propre à l'instinct vital. 
L'étymologie permet de mieux comprendre cette dynamique 
puisque le mot "insurrection" est emprunté au bas latin "insurrectio" :
 "action de s'élever" (in : dans ou vers et surgere : surgir). 
Ce mouvement d'insurrection naît du surgissement intérieur
 des forces créatrices de la vie 
animées par le souffle libérateur de l'esprit.
 
Issue des profondeurs de l’instinct vital, une énergie insurrectionnelle 
 va donc chercher à transformer, à renverser, voire à détruire, 
tout ce qui entrave la circulation harmonieuse 
entre les racines telluriques et les branches spirituelles 
de cet arbre de vie et de connaissance qu’est l’être humain.




L'énergie insurrectionnelle émerge des profondeurs instinctives
comme un feu sacré en quête du souffle inspiré 
qui permet à la vie de se libérer de la pesanteur matérielle. 
Cet élan libérateur et transcendant qui anime la force insurrectionnelle 
fait qu’elle est absolument irréductible aux diverses formes 
auxquelles on voudrait la réduire et dans lesquelles on voudrait l’enfermer.

L'insurrection c'est - dans le double sens du terme

 - la manifestation de la vie/esprit 
contre tout ce qui l'empêche de se développer.

L'énergie insurrectionnelle émerge des profondeurs instinctives 
comme un feu sacré en quête du souffle inspiré 
qui permet à la vie de se libérer de la pesanteur matérielle. 
Cet élan libérateur et transcendant qui anime la force insurrectionnelle 
fait qu’elle est absolument irréductible aux diverses formes 
auxquelles on voudrait la réduire et dans lesquelles on voudrait l’enfermer.

 Le sens de la vie est celui de son développement continu. 
Quand ce développement est interrompu, le sens est interdit. 
C'est cette interdiction que transgresse le feu sacré à travers un puissant élan vital 
qui libère la parole, la pensée et l'action.





Effrayés par les incendies à travers lesquels il se manifeste, 
les technocrates cherchent à éteindre ce feu sacré 
au lieu de le canaliser pour en faire le moteur d'un saut évolutif 
rendu nécessaire par la crise de civilisation 
et les risques d'effondrement qu'elle préfigure.

Tous les grands visionnaires qui ont fait évoluer l’humanité 
furent des insurgés contre l’ordre établi, 
qu’il soit social ou politique, culturel ou spirituel.
Rien de grand n’a été fait dans l’histoire
qui ne soit animé par ce feu sacré capable de renverser et de transformer 
 les formes dégénérées qui font obstacle à la force créatrice de la vie/esprit. 
Cette "puissance destituante" du feu sacré est toujours synchrone
 à l'émergence de formes inédites
 à travers lesquelles se manifeste cette force créatrice
(...) 




« Il y a dans toute lutte un côté que l’on peut nommer spirituel… 
 C’est cet aspect symbolique qui est le cœur battant 
de ces régulières révoltes des peuples, 
dont le phénomène des gilets jaunes est l’expression contemporaine. 
Cet aspect est la ressource indomptable de la force morale. »
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Coeur



 
Les drames humains et les drames écologiques
ont la même cause :
En oubliant la vie sensible du monde,
il a fini par s'oublier lui-même.
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Sagesse amérindienne
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vendredi 8 février 2019

Idées fortes pour un monde plus sain et plus éthique


Les développements de la science, de la technique,
 de l’industrie, de l’économie 
qui propulsent désormais le vaisseau spatial Terre, 
ne sont régulés ni par la politique, 
ni par l’éthique, ni par la pensée. 
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Edgar Morin 
"Vers l'abîme ?"
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mercredi 6 février 2019

Le Politique et le Spirituel



La séparation des pouvoirs religieux et politique est essentielle 
mais, toute confusion ou subordination étant exclue, 
cela n'empêche pas que le politique et le spirituel 
oeuvrent chacun de leur côté dans le même sens : 
pour l'espérance, 
donc contre l'illusion et la résignation.
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Il faut donc reconnaître que spiritualité et engagement social 
ont besoin de s’alimenter l’un l’autre.

Une quête spirituelle qui exclurait toute forme d’engagement social 
risquerait de rester dans l’illusion. 
Par ailleurs, l’engagement social vide de cette quête 
risque de conduire l’humanité à la catastrophe. 

De même, une société qui fait la sourde oreille à ses « sages »
 risque de tourner en chaos qui compromettrait la dignité humaine. 
La spiritualité féministe et d’autres formes de spiritualité de libération 
soutiennent que l’activité politique et l’engagement social 
devraient faire partie de la spiritualité des individus. 

Que les forces économiques soient devenues 
si puissantes dans nos sociétés 
s’explique principalement par le fait que la spiritualité et l’éthique
 ont été évacuées de l’arène socio-politique et économique.
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Diane Dupont 
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mardi 5 février 2019

Prison de l'âme




Aujourd'hui, tout a été corrompu.
Même le temps a une étiquette avec un prix dessus.
(...)
Jamais la négation de l'âme
n'a été aussi forte et tranquille.
L'esprit n'est même plus nié,
c'est plus sournois qu'une négation.
Nous sommes comme des prisonniers
dont le corps seul aurait le droit de sortir.

L'âme va rester 24 heures sur 24 en prison:
le reste, le clinquant, c'est seulement cela qui est libre.
Cette société ne croit plus qu'en elle-même,
c'est-à-dire à rien.

C'est donc une lutte infernale de chacun contre tous,
car s'il n'y a qu'un seul monde, autant y être le premier :
il y a presque une logique là-dedans.
C'est le meurtre légal, accepté.

Aujourd'hui, il n'y a plus d'obstacles.
On est dans une sorte de progression négative
dont on ne voit pas le terme
et qui est comme d'avancer
dans une nuit vide de tout.

On a déclenché quelque chose qui est sans pitié,
comme un fou qui aurait libéré sa folie.
Il faudra que tout soit atteint
pour qu'on commence à réfléchir.
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Christian Bobin




lundi 4 février 2019

La liberté n'est jamais individuelle





La liberté n’est jamais individuelle.
Les premiers penseurs de la liberté la conçoivent d’ailleurs
comme expression d’une parole dans la vie publique.

Pour Platon ou Aristote, être libre, c’est être citoyen.
Il s’agit de pouvoir vivre l’expérience du dialogue,
sortir de son espace privé pour aller sur la place publique.

L’esclave, lui, est confiné à l’espace domestique,
au service du maître.
Il ne vit son expérience d’homme qu’au sein d’un espace privé.

Il faut que nous soyons devenus des esclaves
pour croire que la liberté est surtout l’exercice privé de sa volonté propre
ou l’expression publique de désirs seulement individuels.
(...)


La liberté se partage.
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Martin Steffens
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samedi 2 février 2019

Dérive ultrasécuritaire : danger !




L'on peut trouver des motifs d'utilité
pour tous les commandements
et pour toutes les prohibitions.
Défendre aux citoyens
de sortir de leurs maisons serait utile ; 
car on empêcherait ainsi tous les délits 
qui se commettent sur les grandes routes.
Obliger chacun de se présenter tous les matins 
devant les magistrats serait utile ; 
car on découvrirait plus facilement 
les vagabonds et les brigands qui se cachent 
pour les occasions de faire le mal. 
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Benjamin Constant
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Si vous voulez une totale sécurité, allez en prison.
Vous y serez nourris, vêtus, assistés médicalement, etc.
Il ne vous manquera que la liberté.
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Dwight D. Eisenhower











La loi anticasseurs, même modifiée, 
est une loi ultrasécuritaire. 


 En réalité, depuis 2002, et les lois Guigou, 
très protectrices des libertés selon les critères 
de la Cour européenne des droits de l'homme, 
notre pays connaît une régression des libertés publiques.
Nous sommes toujours dans une démocratie et un Etat de droit, 
mais il perd de sa brillance.


Surtout le danger vient du fait que l'Etat met en place des outils 
qui pourraient être utiles, à terme, à la création d'un régime autoritaire.
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Arié Alimi (avocat)
2019
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La liberté devrait être au coeur de la démocratie
et de l'Etat de droit.
Elle ne peut être que garantie et maintenue
par la vigilance et l'action des individus.
C'est nécessaire dans une période
où les atteintes qui lui sont portées
sont insidieuses et multiples.
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Roseline Letteron
(professeur de droit)
2019
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vendredi 1 février 2019

J'écris ton nom







Le problème qui se pose aujourd'hui n'est pas le problème de l'ordre,
ou du moins ce problème est mal posé.
Le problème qui se pose est le problème de la liberté.

La liberté survivra-t-elle à la crise que vient de traverser le monde ?
Disparaîtra-t-elle peu à peu des lois , des moeurs ?
La notion s'en effacera-t-elle peu à peu
dans la mémoire des hommes ?
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Georges Bernanos
"La France contre les robots"
(1948)
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