vendredi 30 novembre 2018

De l'injustice




Ce qu'on appelle justice n'a guère été jusqu'ici, dans le monde, 
que l'injustice formulée en lois. 
 Auguste Guyard

L'indignation contre une injustice prolongée 
nous fait montrer les dents.



La justice est le ciment de la société, 
l'injustice en est le dissolvant.


Laissez passer une injustice,
vous êtes sûr qu'elle en engendrera des milliers.



Si chacun de nous se montrait 
toujours prêt à repousser l'injustice, 
à faire cause commune avec l'opprimé ; 
si tous s'entraidaient avec zèle, 
et regardaient comme leur le tort fait à autrui, 
le mal que font les méchants n'augmenterait pas 
au point où nous le voyons ; 
mais, toujours observés et justement châtiés, 
les méchants deviendraient plus rares
ou disparaîtraient tout à fait.



L'indifférent regarde tranquillement et sans émotion 
les injustices qui ne le frappent point.



La plus grande injustice de la société actuelle, 
c'est l'état « d'intouchable » 
dans lequel se trouvent les « puissants » de ce monde. 
 Non pas seulement les puissants d'un pays, 
mais ceux d'une ville, d'un village même, 
ceux que l'on n'osera jamais affronter 
même s'ils ont commis la plus odieuse des injustices.



Quand l'ordre est l'injustice, 
le désordre est déjà un commencement de justice.


mardi 27 novembre 2018

La vraie résistance




La maladie, ce n'est pas le terrorisme,
c'est l'extrême injustice.

La vraie résistance ne consiste pas seulement 
à manifester symboliquement le week-end,
 mais à changer efficacement les données du monde.

On ne fera pas un monde différent avec des gens indifférents. 




Ma France à moi


Ma France à moi



C’est celle de 1789, une France qui se lève,
celle qui conteste, qui refuse,
la France qui proteste, qui veut savoir,
c’est la France joyeuse, curieuse et érudite,
la France de Molière qui tant se battit contre l’hypocrisie,
celle de La Fontaine celle de Stendhal, de Balzac, celle de Jaurès, 
celle de Victor Hugo et de Jules Vallès, 
la France de l’invention, des chercheurs,
 celle de Pasteur, celle de Denis Papin et de Pierre et Marie Curie, 
la France des lettres, celle de Chateaubriand, de Montaigne, 
la France de la Poésie, celle de Musset, d’Eluard, de Baudelaire,
 de Verlaine et celle d’ Aimé Césaire, 
la France qui combat tous les totalitarismes, tous les racismes, 
tous les intégrismes, l’obscurantisme et tout manichéisme, 
la France qui aime les mots, les mots doux, les mots d’amour, 
et aussi la liberté de dire des gros mots,
la France qui n’en finira jamais de détester le mot "soumission"
et de choyer le mot "révolte".
(...)

Pierre Perret


lundi 26 novembre 2018

Ceux qui n'ont rien

 


Oh prenez garde à ceux qui n'ont rien
Chante chante un petit oiseau malin
Qui monte au ciel, qui plane et qui pique
Au-dessus des royaumes et des républiques

L'oiseau malin regarde et voit
Les monarques et leurs secrets
Qui lancent dans les palais d'état
Les ordonnances et les décrets

Masters and servants
De leurs salons protégés
N'entendent pas l'oiseau qui chante
N'entendent pas l'oiseau chanter
Pressentant comme un danger

Oh prenez garde à ceux qui n'ont rien
Qu'on a laissés au bord du chemin
Rêveurs rêvant le monde meilleur
Ils voient la colère monter dans leurs cœurs

Oh prenez garde à ceux qui n'ont rien
Chante chante un petit oiseau malin
Qui monte au ciel, qui plane et qui pique
Au-dessus des royaumes et des républiques

L'oiseau malin regarde et voit
Les financiers dans leurs mystères
Qui jouent sur les écrans plasma, lon la
L'argent que tant de gens espèrent

Masters and servants
De leurs bureaux protégés
N'entendent pas l'oiseau qui chante
N'entendent pas l'oiseau chanter
Pressentant comme un danger

Oh prenez garde à ceux qui n'ont rien
Qu'on a laissés au bord du chemin
Rêveurs rêvant le monde meilleur
Ils voient la colère monter dans leurs cœurs

Oh prenez garde à ceux qui n'ont rien
Chante chante un petit oiseau malin
Qui monte au ciel, qui plane et qui pique
Au-dessus des royaumes et des républiques

Le monde de demain
Il est dans leurs mains
Les mains de ceux qui n'ont rien
Dans leurs mains

Oh prenez garde à ceux qui n'ont rien
Qu'on a laissé au bord du chemin
Rêveurs rêvant le monde meilleur
Ils voient la colère monter dans leurs cœurs

Oh prenez garde à ceux qui n'ont rien
Chante chante un petit oiseau malin
Qui monte au ciel, qui plane et qui pique
Au-dessus des royaumes et des républiques

Prenez garde
Prenez garde
Prenez garde
.
Alain Souchon - Laurent Voulzy


mardi 20 novembre 2018

De belles promesses...sans suite





Pas un seul État membre de l'UE ne figure
parmi les 16 pays sur 197 qui, 
selon une étude réalisée par un centre de recherche américain 
et deux centres de recherche britanniques, 
ont pris les mesures politiques appropriées 
promises dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat.

La Norvège, le Monténégro et la Macédoine
sont les seuls pays européens
 à avoir pris les mesures politiques appropriées 
pour réduire les émissions de gaz à effet de serre 
correspondant aux promesses faites 
lors de la signature de l'accord de Paris sur le climat.


À Paris, plus de 197 pays se sont portés volontaires pour réduire
leurs émissions de gaz à effet de serre
lors de la conférence COP21 en décembre 2015.

L'UE ne compte pas un seul bon élève !!!!

 

Selon l'étude (*),
16 d'entre eux sont de «bons élèves» de l'accord de Paris sur le climat,
mais aucun d'entre eux n'appartient à l'Union européenne.

 Outre les trois pays européens susmentionnés,
le Canada, le Costa Rica, l'Indonésie, le Japon, la Malaisie, le Pérou, 
l'Algérie, l'Éthiopie, Singapour, le Samoa, les Tonga, le Guatemala
 et la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont également reçu une mention honorable.

La COP21, la conférence sur le climat organisée à Paris en grande pompe,
a été clôturée il y a presque 3 ans.
Dans la déclaration finale, il était stipulé que les signataires s'étaient engagés
 à limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius par rapport à 1880
d'ici à 2100.





NE COMPTONS PAS SUR LES ETATS !


Dominique Dewitte
31 octobre 2018


Décevant, n'est-ce pas ?
Pour différentes raisons,
les états ne tiennent pas leurs promesses...
Les "grandes réunions au sommet" semblent avoir
accouché...d'une souris !

Alors, que faire ?
Sans doute, ne plus attendre...
ne plus attendre
que les solutions viennent "d'en haut"...

Nous sommes dans une situation dramatique, certes,
mais "il est encore temps"...
Il est encore temps...de se prendre en main...
et d'agir par nous-même :


L'heure est à la mobilisation...
et à l'imagination !

La Licorne


dimanche 18 novembre 2018

10 bonnes raisons de faire à nouveau la Révolution


Je vous partage un texte qui date un peu (une dizaine d'années)
mais qui reste très actuel  ;-) :



Les causes de la Révolution de 1789 sont à nouveau réunies: 
injustices criantes et accaparement du pouvoir 
par une caste de privilégiés
Voici donc 10 bonnes raisons de faire à nouveau la Révolution:


1  La hausse des prix de 100% - La misère en travaillant
Depuis le passage à l'Euro, les prix des produits de base ont doublé, 
au bénéfice des entreprises de la grande distribution. 
Mais officiellement, l'inflation pendant cette période n'a été que de 2% par an.
Alors que les prix augmentent, les salaires n'ont pas augmenté depuis 20 ans, 
et les salariés ne bénéficient jamais de la "croissance" 
ni des fantastiques profits réalisées par les entreprises.
Aujourd'hui, le salaire d'une majorité de salariés est à peine suffisant 
pour assurer la survie quotidienne. 
Autrefois, les seuls pauvres étaient des chômeurs. 
Avec le "nouvel ordre économique", 
il est devenu normal d'être pauvre en travaillant.

2  Deux poids et deux mesures pour les salariés 
et les dirigeants d'entreprises
L'écart entre les salaires est devenu astronomique. 
Par ailleurs, lorsqu'un salarié commet la moindre faute, 
il est licencié sans pitié.
 Le plus souvent, il est même licencié sans avoir commis de faute.
Dans le même temps, les dirigeants qui ont ruiné leur entreprise
 conservent leur poste en bénéficiant même 
d'une augmentation de salaire de 20 ou 30% par an (parfois davantage), 
ou bien ils reçoivent des millions d'euros d'indemnités de départ.
En 2002, le salaire moyen des PDG des grandes entreprises françaises
 était de 2.070.000 euros par an. 
Pour gagner la même somme, un salarié de base 
devrait travailler pendant 172 ans.


3  Deux poids et deux mesures pour la justice
Selon la constitution et la déclaration des droits de l'homme de 1789, 
 la justice est la même pour tous. La réalité est devenue bien différente.
Alors qu'on accorde toujours plus de liberté aux entreprises,
 le citoyen ordinaire est soumis à une répression policière de plus en plus oppressante,
 et à des réglementations de plus en plus contraignantes. 
A la moindre faute de sa part, les sanctions sont impitoyables.
Récemment, un automobiliste a été condamné à 2 ans de prison ferme 
pour un excès de vitesse qui n'a pas causé d'accident. 
Une mère de famille peut être condamnée à 4 mois de prison ferme 
si ses enfants ne sont pas allés à l'école. 
Et José Bové a été condamné à 18 mois de prison ferme 
pour avoir arraché des plants de maïs transgéniques dans un champ.
Dans le même temps, et dans des affaires 
qui ont causé des préjudices beaucoup plus graves, 
les élites politiques et économiques bénéficient d'une impunité systématique.

4  Le décalage entre les impôts élevés  
et l'inefficience croissante des services de l'état
Malgré la médiocrité des services publics, 
les impôts demeurent à des niveaux très élevés.
 En additionnant l'impôt sur le revenu, les impôts locaux, l'impôt foncier,
 la TVA et les taxes sur l'essence, les prélèvements de l'état 
 représentent plus de la moitié du revenu d'un salarié moyen.
Dans le même temps, la qualité de l'éducation se dégrade 
faute de professeurs en nombre suffisant, faute de locaux adaptés, 
et faute d'un matériel pédagogique moderne 
(ordinateurs, magnétoscopes, etc.).
Pire encore est le délabrement des services de santé. 
Dans les hôpitaux, il devient habituel que des blessés 
attendent pendant 24 heures sur un brancard dans les couloirs, 
faute de chambres et de personnel médical. 
Les opérations sont réalisées "à la chaîne" 
et les erreurs médicales se multiplient.

A cause du manque d'hygiène dans les hôpitaux, 
les malades ont 1 chance sur 4 d'être contaminés 
par des maladies nosocomiales mortelles ou fortement invalidantes, 
 causées par des bactéries devenues résistantes aux antibiotiques 
et qui abondent en milieu hospitalier 
(à cause de l'emploi abusif des antibiotiques par les médecins).

5  Le sabotage organisé des services publics  
pour justifier leur privatisation
 Les gouvernements organisent le sabotage des services 
l'inefficience est ensuite utilisée comme prétexte pour justifier leur privatisation.
Voici ce que l'on peut lire à propos de l'éducation publique 
dans un document de l'OCDE:
"Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, 
il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, 
quitte à ce que la qualité baisse. 
On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement 
aux écoles et aux universités, 
il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou d'étudiants. 
Les familles réagiront violemment à un refus d'inscription de leurs enfants, 
mais non à une baisse graduelle de la qualité de l'enseignement.
Cela se fait au coup par coup, dans une école 
et non dans un établissement voisin, 
de telle sorte qu'on évite un mécontentement général de la population."  
 (extrait du "Cahier de politique économique" n°13 de l'OCDE)


6  La corruption à tous les niveaux de l'Etat
Le décalage entre les impôts élevés et la médiocrité des services de l'état 
 est causé principalement par la corruption, 
 présente à tous les niveaux de l'administration: 
commune, département, région, état.
Une autre cause de ce décalage est le train de vie somptuaire 
des ministres et des hauts fonctionnaires: 
 luxueux appartements et voitures de fonction, 
 déplacements en avion et en hélicoptère, 
à l'étranger, nombreuses escortes de motards, 
gardes républicains mobilisés pour un protocole pompeux, 
repas avec les mets les plus raffinés, cocktails et réceptions 
dont le coût atteint couramment 100.000 euros pour une soirée... 
ceci est une autre façon de détourner l'argent du contribuable.

7  Les subventions abusives distribuées par l'Etat aux entreprises
Si l'état manque d'argent pour l'éducation, la santé ou les retraites, 
c'est aussi à cause des subventions abusives 
versées à des grandes entreprises, 
sous prétexte qu'elles vont créer des emplois, 
 et quelquefois sans prétexte du tout. 
Puis une fois les subventions empochées,
l'entreprise délocalise ses usines 
dans un pays où la main d'oeuvre est encore moins chère, 
ou la fiscalité plus avantageuse.

8  La collusion entre les gouvernements et les multinationales
Les gouvernements sont avant tout au service des multinationales 
et non de l'intérêt général. 
C'est à cause de cette collusion que le libéralisme est appliqué depuis 30 ans 
par les gouvernements de droite comme de gauche, 
malgré ses effets désastreux qui ne font que s'amplifier
 (misère croissante, envolée des prix, 
 précarité généralisée, privatisation des biens publics, 
destruction de l'environnement, tiers-mondisation des pays occidentaux...).
De même, les seuils autorisés pour la pollution, 
les mises sur le marché des médicaments, 
ou encore les normes pour les produits alimentaires 
correspondent aux souhaits des industriels 
et non aux nécessités de la santé publique.
Il est temps d'exiger la "séparation de l'entreprise et de l'état", 
afin que les gouvernements soient à nouveau au service des citoyens, 
de leurs aspirations et de leur droit au bonheur.

9  Les accords multilatéraux négociés dans le dos des citoyens 
et qui vident la démocratie de son contenu
Depuis 10 ans, le pouvoir réel a été transféré progressivement et discrètement 
vers des organisations non-élues 
 (OMC, FMI, OCDE, Commission Européenne...). 
accords multilatéraux (AMI, AGCS...)
 élaborés dans le secret et l'opacité par ces mêmes organisations 
ont vidé la démocratie de son contenu. 
Ces accords réduisent en effet considérablement 
le pouvoir et le droit des états  jouer leur rôle de régulation 
dans le domaine économique, social, et environnemental.

10  Le saccage de l'environnement par les entreprises, 
en toute impunité
Par la pollution, le CO2, la déforestation, 
la destruction des paysages sauvages et de la biodiversité,
 les "prédateurs" saccagent la nature en toute impunité. 
L'homme et l'environnement sont sacrifiés 
aux intérêts économiques des multinationales, 
et un avenir bien sombre se dessine pour les générations futures. 
Le point de non-retour écologique est sur le point d'être franchi. 
Pour les citoyens de cette planète, c'est maintenant qu'il faut agir.

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, 
l'insurrection est pour le peuple, 
et pour chaque portion du peuple, 
le plus sacré des droits 
et le plus indispensable des devoirs."

(Article 35 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793)

Article ICI 



samedi 17 novembre 2018

Le climat






Quand Jacques Gamblin parle du climat ...
cela donne un discours inspiré, 
à la fois sincère, poétique et plein d'humour ...

Prenez quelques minutes pour l'écouter
 (jusqu'au bout)...
je vous assure que vous ne le regretterez pas :
c'est SUBLIME !
.



mardi 13 novembre 2018

Recréer du sens et du lien


Pourquoi, d’après vous, « tout peut s’effondrer » ?

Le livre compile un faisceau de preuves montrant que l’effondrement 
pourrait survenir plus vite qu’on ne veut bien le croire.
Prenons l’exemple du pétrole : il y a cinquante ans,
pour chaque baril consommé,  l’industrie en découvrait six. 
Actuellement, malgré des moyens technologiques bien plus importants, 
le monde consomme sept barils pour chaque baril découvert !
Vous savez, on entend souvent cette formule :  
« Ça fait quarante ans que vous nous annoncez l’effondrement… » 
 Sous-entendu : votre discours n’est pas nouveau. 
C’est faux : la situation est bien plus grave qu’il y a, disons, cinq ans. 
Il est trop tard pour beaucoup de choses.

Aujourd’hui, on ne peut plus viser un développement durable ;
 on doit plutôt apprendre à vivre avec l’effondrement. 
Mais cet effondrement appelle une transition
vers une nouvelle ère de l’entraide. 
On peut encore bâtir des systèmes résilients à une échelle locale,
 qui permettront de mieux endurer les chocs à venir
Je défends un catastrophisme positif, 
cherche à inventer un ici et maintenant.

Pablo Servigne
"Je défends un catastrophisme positif"
(en 2015)




Un entretien absolument passionnant ...
 entre Pablo Servigne et ...François Ruffin ! 
.

Selon vous, le capitalisme favorise-t-il vraiment  les comportements individualistes ?

Individualiste, compétitif, égoïste…
On pourrait passer du temps à définir tous ces termes
 mais ils font tous partie d’une nébuleuse qui, pour moi,
s’oppose à celle du mutualisme, de la solidarité et de l’altruisme.
Deux grandes forces sont à l’œuvre :
celle qui sépare les êtres vivants et celle qui les associe.

C’est l’équilibre entre les deux qui m’intéresse.
Une des dynamiques du capitalisme c’est la compétition,
mais celle-ci n’empêche pas une association pour être plus compétitif :
c’est la base de l’entreprise.
sommes dans un bain qui nous incite
 à mettre les individus et les groupes en compétition.
Pour justifier son existence, en découle un besoin de montrer
que le monde n’est que compétition
et c’est pour ça que les théoriciens du capitalisme sont allés
 chercher Darwin lors de la révolution industrielle
Ils sont allés chercher dans ses idées – tout en les déformant –
une justification naturelle à cette ultra-compétition.

Je ne sais pas quel est l’œuf de la poule,
mais on en est venu à créer une société
dans laquelle le lien social est de plus en plus ténu,
une société atomisée où chacun est de plus en plus individualisé et seul.
On se retrouve avec un immense besoin de consolation,
reprendre les termes de Stig Dagerman.

D’ailleurs je conseille le magnifique texte de cet anarcho-syndicaliste suédois
 Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.
 Quand le vide est créé, les grandes boites peuvent alors nous vendre
 de la poudre de perlimpinpin pour le combler.
Ce qui marche assez bien et crée alors une boucle de rétroaction
qui favorise encore l’atomisation et aggrave notre besoin de pansements
Il devient urgent de changer le sens de ces boucles de rétroaction.

Dans l’idée de changer de mythologie,
il y a celle de recréer du lien qui lui-même va créer
 d’autres histoires qu’on pourra se raconter.

Nous devons recréer du sens et du lien !
C’est ce que j’essaie de faire dans mes écrits
et lors de mes conférences.

Pablo Servigne
"Effondrement ou autre futur"
.



dimanche 4 novembre 2018

Résistance


Que faire face à l’effondrement écologique qui se produit sous nos yeux ?
Dans ce petit livre incisif et pratique, l’auteur de Demain 
s’interroge sur la nature et sur l’ampleur de la réponse à apporter à cette question.
 Ne sommes-nous pas face à un bouleversement 
aussi considérable qu’une guerre mondiale ?

Dès lors, n’est-il pas nécessaire
d’entrer en résistance contre la logique à l’origine
cette destruction massive et frénétique de nos écosystèmes, 
comme d’autres sont entrés en résistance contre la barbarie nazie ?
Mais résister contre qui ? 
Cette logique n’est-elle pas autant en nous qu’à l’extérieur de nous
Résister devient alors un acte de transformation intérieure 
autant que d’engagement sociétal…

Avec cet ouvrage, Cyril Dion propose de nombreuses pistes d’actions : 
individuelles, collectives, politiques, mais, plus encore,
 nous invite à considérer la place des récits 
comme moteur principal de l’évolution des sociétés. 
Il nous enjoint de considérer chacune de nos initiatives 
comme le ferment d’une nouvelle histoire
 et de renouer avec notre élan vital.

À mener une existence où chaque chose que nous faisons, 
depuis notre métier jusqu’aux tâches les plus quotidiennes,
 participe à construire le monde dans lequel nous voulons vivre. 
Un monde où notre épanouissement personnel 
ne se fait pas aux dépens des autres et de la nature, 
mais contribue à leur équilibre.


On vous répète à l’envi que prendre une douche plutôt qu’un bain 
permettra d’économiser les ressources hydriques de la planète ? 

En réalité, 92 % de l’eau utilisée sur la planète l’est par l’agriculture et l’industrie.
 Vous triez, vous compostez ? Mauvaise nouvelle, les déchets des ménages représentent seulement 3 % de la production totale de déchets aux Etats-Unis et 8,3 % en Europe.

 Aussi incroyable que cela puisse paraître à tous ceux qui sont habités par un sentiment d’urgence écologique absolue, ce sujet n’attire pas les foules. d’après de nombreux scientifiques, il ne resterait plus que quelques années pour réagir. Mais comment ?

Les mobilisations contre le changement climatique sont ridiculement faibles et, bien souvent, les néo-écolos « ne savent pas très bien par quoi commencer, s’épuisent dans des petites actions à faible impact, s’épanouissent dans des projets qui ne font pas encore système avec les organisations sociales, politiques, économiques qui les entourent » affirme Cyril Dion. 

Son ouvrage, Petit manuel de résistance contemporaine, explore les meilleures stratégies pour résister face à un danger « d’une ampleur comparable à celui d’une guerre mondiale ».


Il faut proposer un récit plus puissant 
que le modèle consumériste »

Entretien avec Cyril Dion, cofondateur du mouvement Colibris.

Dans son dernier ouvrage (1), cet inlassable défenseur de l’environnement analyse les raisons de notre inertie face aux défis climatiques, ainsi que les moyens d’en sortir.
LC : Les menaces liées à la dégradation de l’environnement sont immenses… et nous ne réagissons pas, ou si peu. Pourquoi ? 
 
Cyril Dion : Avant tout parce que nous sommes conditionnés par un récit très puissant, consumériste et matérialiste, dans lequel l’argent est central. Ce récit est si puissant que nous le confondons avec la réalité. L’idée qui le sous-tend, c’est que le confort, l’acquisition de biens matériels, le progrès technologique nous rendent heureux.
Ce modèle a certes amélioré la vie de ceux qui y ont accès mais il a aujourd’hui un tel coût écologique qu’il court à sa propre perte. Sans parler des inégalités qu’il ne cesse de creuser. À l’heure actuelle, les 85 personnes les plus riches de la planète détiennent autant que la moitié de la population mondiale… On voit bien que le dysfonctionnement est majeur.
Et pourtant ce récit tient, même si nous en percevons mieux les limites…

Et pourtant ce récit tient, même si nous en percevons mieux les limites…
  C. D : De fait, nous sommes pris dans les « architectures invisibles », à travers lesquelles ce récit s’incarne. Dans mon livre, j’en détaille trois : les lois, tout d’abord. Je vous donne un exemple. Comme il n’y a pas de taxe carbone, il est parfois moins cher d’acheter un billet d’avion que de payer un taxi pour l’aéroport… Cela oriente nos choix.
Ensuite, la nécessité de gagner de l’argent pour pouvoir vivre et être un consommateur, donc exister dans cette société. La grande majorité des gens exercent un métier qu’ils n’auraient pas choisi sans cette injonction. Ainsi, une large part de notre temps et de notre créativité est consacrée à faire quelque chose qui fait marcher le système mais n’a pas de sens pour nous.

Et la 3e « architecture » ?
C. D : Il s’agit du divertissement, qui passe très souvent par des écrans via lesquels nous sommes de plus en plus « profilés » et donc captifs. Une fois tout mis bout à bout, combien de temps nous reste-t-il pour nous engager et réinventer notre société ? Quasiment rien… Imaginez un instant que l’on libère ce réservoir de temps, d’énergie et d’ingéniosité !

Comment faire ?
C. D : Il faut proposer un récit plus puissant que le modèle consumériste. Et gagner une bataille culturelle. Cela passe par des histoires déjà incarnées par beaucoup de gens, comme le montre notre film Demain. Oui, il existe une agriculture hyperproductive sans pesticides, qui régénère les sols et la biodiversité ; oui, on peut produire de l’énergie sans fossiles, repenser l’urbanisme ou créer de l’argent sans passer par les banques privées, comme à Bristol ou au Pays basque.
Toutes ces histoires, qui doivent ensuite s’articuler dans un récit plus vaste, éveillent l’imaginaire, font apparaître une autre manière de vivre. Chacun peut y participer. Mais ensuite, il faut s’organiser, pour éviter que ces récits ne se heurtent aux architectures dont je parlais.


C’est-à-dire ?
C. D : Si le message de Martin Luther King a eu tant d’impact pour les droits civiques aux États-Unis, c’est que la vision très puissante qu’il a proposée (« I have a dream ») s’est articulée avec des mouvements et des stratégies de lutte, qu’il faut promouvoir. Dans mon livre, je rappelle les neuf principes de Srdja Popovic (2) – voir grand mais commencer petit, identifier les piliers sur lesquels repose le pouvoir, procéder par étapes, etc. Nous devons faire vite, avant que le climat ne s’emballe.

 
Recueilli par Marine Lamoureux 
(1) Petit manuel de résistance contemporaine, Éd. Actes Sud, mai 2018, 15 €. (2) L’auteur de Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit et sans armes, Payot, 2015.

Comment l'oligarchie nous conditionne





Nous sommes entrés dans un système oligarchique (*)
qui n'a d'autre ressort que l'avidité,
d'autre idéal que le conservatisme,
d'autre rêve que la technologie.
(...)

Pour commencer, il faut prendre conscience de la situation,
ce qui est le premier pas vers le changement.
De même qu’une large part de la population
a pris conscience, depuis une dizaine d’années,
de la gravité de la crise écologique,
 et, depuis quelques années,
 de la montée rapide des inégalités...
...de même il nous faut comprendre
que le régime politique est en train de changer
et prendre conscience du fait
que la démocratie n'est pas acquise ad aeternam.


Cette découverte implique aussi
de reconnaître la culture matérielle
dans laquelle le capitalisme nous a enfermés :
l'oligarchie s'est développée
en associant le prestige et la valeur humaine
à l’argent et à l’accumulation d’objets.





Conditionnés notamment par la publicité,
les individus se retrouvent
en proie à une rivalité ostentatoire
qui pousse à la  surconsommation et à la compétition :
celui qui a le plus d'argent est le mieux considéré,
quelle que soit la façon dont il a acquis cette fortune.


De ce point de vue,
le contrôle des médias et de la publicité
est un pilier du système oligarchique,
non seulement pour contrôler le débat politique,
mais aussi pour définir
le système de valeurs de l’époque.
.

vendredi 2 novembre 2018

"Créer, c'est résister...Résister, c'est créer"


Cet appel de 2004 n'a
(malheureusement)
pas pris une ride...

A lire et à relire...
(ou à visionner)




“Au moment où nous voyons remis en cause 
le socle des conquêtes sociales de la Libération, 
nous, vétérans des mouvements de Résistance 
et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), 
appelons les jeunes générations à faire vivre 
et retransmettre l'héritage de la Résistance 
et ses idéaux toujours actuels de démocratie 
économique, sociale et culturelle.

“Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, 
grâce au sacrifice de nos frères et sœurs 
de la Résistance et des nations unies 
contre la barbarie fasciste.
“Mais cette menace n'a pas totalement disparu 
et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.

“Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, 
non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées 
par un quelconque enjeu de pouvoir, 
mais pour proposer aux générations qui nous succéderont 
d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques 
au sens vrai du terme, 
pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :

“Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, 
les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, 
les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire
 du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.)
 adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : 

Sécurité sociale et retraites généralisées, 
contrôle des "féodalités économiques", 
droit à la culture et à l'éducation pour tous, 
une presse délivrée de l'argent et de la corruption,
 des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. 

“Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent 
pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, 
alors que la production de richesses a considérablement augmenté
 depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ? 
Les responsables politiques, économiques, intellectuels 
et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner,
 ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale 
des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

“Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, 
institutions et syndicats héritiers de la Résistance 
à dépasser les enjeux sectoriels, 
et à se consacrer en priorité aux causes politiques
 des injustices et des conflits sociaux, 
et non plus seulement à leurs conséquences,
 à définir ensemble un nouveau 
"Programme de Résistance" pour notre siècle, 
sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, 
de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes 
se nourrissent des injustices sociales.

“Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, 
les anciens et les grands-parents, les éducateurs, 
les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique
 contre les moyens de communication de masse 
qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse 
que la consommation marchande, 
le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée 
et la compétition à outrance de tous contre tous. 

Nous n'acceptons pas que les principaux médias 
soient désormais contrôlés par des intérêts privés, 
contrairement au programme du Conseil national de la Résistance 
et aux ordonnances sur la presse de 1944.
“Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, 
nous voulons dire avec notre affection :  

"Créer, c'est résister. Résister, c'est créer".

.


Signataires : 
 Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier,
 Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, 
Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy,
Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.









jeudi 1 novembre 2018

Indignez-vous !


Comment ne pas penser,
devant la situation actuelle,
à Stéphane Hessel, 
et à son manifeste de 2010 
"Indignez-vous !" ?


Un tout petit livre dans lequel
il encourage les générations montantes
à conserver un pouvoir d'indignation. 

« La pire des attitudes est l'indifférence » écrit-il.
 Il y dénonce le système économique actuel 
fondé sur le profit individuel 
et propose un partage des richesses plus équitable. 
Il prône l'insurrection pacifique et l'espérance. 


Ecoutons ses précieux conseils :