mardi 17 décembre 2019

Changement de civilisation ?



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Une vidéo de Marc Luyckx Ghisi,
auteur de "Surgissement d'un nouveau monde"

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Le danger majeur de notre XXIème siècle
est d'avoir une vision et un horizon inadaptés
aux enjeux de l'époque.
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Marc Luyckx Ghisi
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lundi 16 décembre 2019

C'est le temps d'autre chose




Nous regardons à droite ou à gauche,
nous construisons des théories, réformons nos Églises,
inventons des super-machines,
et nous descendons dans la rue
pour briser la Machine qui nous étouffe —
 nous nous débattons dans le petit sens.

Quand le bateau terrestre est en train de couler,
est-ce qu’il importe que les passagers
coulent à droite ou à gauche,
sous un drapeau noir ou rouge, ou bleu céleste ?

Nos Églises ont déjà coulé :
elles réforment leur poussière.
Nos patries nous écrasent,
nos machines nous écrasent,
nos écoles nous écrasent,
et nous construisons davantage de machines
pour sortir de la Machine.

Nous allons sur la lune,
mais nous ne connaissons pas
notre propre cœur
ni notre destin terrestre.

Et nous voulons améliorer l’existant
 mais ce n’est plus le temps d’améliorer l’existant :
est-ce qu’on améliore la pourriture ?

C’est le temps d’AUTRE CHOSE.
Autre chose,
ce n’est pas la même chose
avec des améliorations.
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mardi 26 novembre 2019

Vigilance




La vie ne se révèle qu’à ceux dont les sens sont vigilants 
et qui s’avancent, félins tendus, vers le moindre signal.
Tout sur terre nous interpelle, nous hèle, mais si finement 
que nous passons mille fois sans rien voir.
Nous marchons sur des joyaux sans les remarquer.
Les sens nous restituent le sens.
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Christiane Singer
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samedi 23 novembre 2019

Torpeur ordinaire


Nous ne pouvons pas évoluer ou changer réellement,
nous "éveiller" de notre "torpeur"
 ou nous libérer de la souffrance,
si nous ne connaissons pas en profondeur
notre fonctionnement ordinaire,
c'est-à-dire notre "état de sommeil" au quotidien :
état de dépendance aux événements 
et identification aux humeurs
et aux émotions qui en résultent.
Les enseignements majeurs mettent l'accent
 sur le fait que nous "dormons",
inattentifs et insensibles
 à notre environnement et à nous-même.




Mère le constate ainsi :
"Les gens qui vivent dans la conscience ordinaire
savent très peu ce qui se passe physiquement (...)
Au fond, l'immense majorité des hommes
sont comme prisonniers 
avec toutes les portes et les fenêtres fermées,
 alors ils étouffent  (ce qui est assez naturel)
 mais ils ont avec eux  la clef 
qui ouvre toutes les portes et les fenêtres,
 et ils ne s'en servent pas .
(...)
Il n'y en a pas un sur un million qui sache vivre ! 
Ils arrivent dans la vie, ils ne savent pas pourquoi ;
ils savent qu'ils ont un certain nombre d'années à vivre,
 ils ne savent pas pourquoi ; 
ils pensent qu'ils auront à s'en aller
 parce que tout le monde s'en va 
et ils ne savent pas non plus pourquoi...
Ils sont nés, ils vivent, 
ils ont ce qu'ils appellent des bonheurs et des malheurs, 
et puis ils arrivent à la fin, et ils s'en vont.
 Ils sont entrés et ils sont sortis sans rien apprendre."



dimanche 17 novembre 2019

Citations de Georges Bernanos





La menace qui pèse sur le monde
 est celle d'une organisation totalitaire et concentrationnaire universelle
qui ferait, tôt ou tard, sous un nom ou sous un autre, qu'importe !
de l'homme libre une espèce de monstre réputé dangereux
pour la collectivité tout entière,
et dont l'existence dans la société future serait aussi insolite
que la présence actuelle d'un mammouth sur les bords du Lac Léman.

Ne croyez pas qu'en parlant ainsi je fasse seulement allusion au communisme.
Le communisme disparaîtrait demain, comme a disparu l'hitlérisme,
que le monde moderne n'en poursuivrait pas moins son évolution
vers ce régime de dirigisme universel
auquel semble aspirer les démocraties elles-mêmes.
.

Georges Bernanos


 
Un demi-siècle après Bernanos, nous pouvons témoigner qu'il a dit vrai,
nous pouvons même nous avancer encore plus loin que lui :
l'ennemi le plus implacable et le plus destructeur de toute vie de l'esprit,
c'est le capitalisme industriel.

Pourquoi ? Parce qu'il détruit toute trace de vie spirituelle
avec le consentement et la complicité des intéressés.

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Une civilisation ne s’écroule pas comme un édifice, 
on dirait beaucoup plus exactement 
qu’elle se vide peu à peu de sa substance 
jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que l’écorce.
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Georges Bernanos
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samedi 9 novembre 2019

La voix du silence









Autrefois, je ne savais pas
Qu'il est des mots qu'on n'entend pas
Mais un soir une ombre est venue
Qui m'a dit : "Écoute un peu plus
Une voix te parle en mots inconnus
Entends-tu
Tout bas la voix du silence ?"


Je m'en suis allée promener
Les peupliers se sont penchés
Pour me raconter des histoires
Qu'ils étaient les seuls à savoir
Et le vent et la mer
Doucement me parlaient
J'entendais
Chanter la voix du silence


Et depuis j'ai vu bien des gens
Qui jetaient des mots à tous vents
Et qui discouraient sans parler
Qui entendaient sans écouter
Ils composaient des chants
Que nulle voix n'a repris
Et leurs cris
Couvrent la voix du silence


Les hommes ne voient plus les fleurs
Ils en ont pris des rides au coeur
Ils espèrent en faisant du bruit
Meubler le vide de leur vie
Et mes mots tombent sans un bruit
En gouttes de rosée
Étouffés
Comme la voix du silence


Toi tu dors à mon côté
Et je n'ose pas te parler
De peur que mes mots se confondent
Avec le bruit que fait le Monde
Mais je t'aime tant
Qu'un jour tu comprendras
Tu m'entendras
Crier les mots du silence
.

(Version française de "Sound of silence")




vendredi 4 octobre 2019

La force de l'art et de la littérature





 
 
Un jour, Dostoïevski a laissé échapper cette énigmatique remarque : 
« La beauté sauvera le monde. »

Qu'est-ce que cela veut dire ? 
Pendant longtemps, j'ai pensé que ce n'étaient que des mots. 
Comment était-ce possible ? 
Quand donc, au cours de notre sanglante Histoire, 
la beauté a-t-elle sauvé quiconque de quoi que ce soit ? 
Ennobli, exalté, oui. Mais qui a été sauvé ?

Il existe, toutefois, une certaine particularité 
dans l'essence même de la beauté 
et dans la nature même de l'art :
 la conviction profonde qu'entraîne une vraie oeuvre d'art
 est absolument irréfutable, 
et elle contraint même le coeur le plus hostile à se soumettre.

On peut parfaitement composer un discours politique apparemment bien fait, 
écrire un article convaincant, concevoir un programme social
 ou un système philosophique, en partant d'une erreur ou d'un mensonge.
 Dans ce cas, ce qui est caché ou déformé n'apparaît pas immédiatement.

Un discours, un article ou un programme exactement contraire 
et un système philosophique construit d'une façon entièrement différente 
rallieront l'opposition. 
Et ils sont tout aussi bien construits, tout aussi convaincants. 
Ce qui explique à la fois la confiance et la défiance qu'ils provoquent.

Mais une oeuvre d'art porte en soi sa propre confirmation.
Si la pensée est artificielle ou exagérée, 
elle ne supporte pas d'être portée en images. 
Tout s'écroule, semble pâle et terne, et ne convainc personne.

En revanche, les oeuvres d'art qui ont cherché la vérité profonde 
et nous la présentent comme une force vivante
 s'emparent de nous et s'imposent à nous, 
et personne, jamais, même dans les âges à venir, 
ne pourra les réfuter.

Ainsi cette ancienne trinité que composent la vérité, la bonté et la beauté 
n'est peut-être pas simplement une formule vide et flétrie, 
comme nous le pensions aux jours de notre jeunesse présomptueuse et matérialiste. 
Si les cimes de ces trois arbres convergent, comme le soutiennent les humanistes,
mais si les deux troncs trop ostensibles et trop droits 
que sont la vérité et la bonté sont écrasés, coupés, étouffés,
 alors peut-être surgira le fantastique, l'imprévisible, l'inattendu, 
et les branches de l'arbre de beauté perceront et s'épanouiront
 exactement au même endroit 
et rempliront ainsi la mission des trois à la fois.

Alors, la remarque de Dostoïevski « La beauté sauvera le monde »
 ne serait plus une phrase en l'air, mais une prophétie. 

(...)



On nous dira : que peut la littérature contre la ruée sauvage de la violence ? 
Mais n'oublions pas que la violence ne vit pas seule, 
qu'elle est incapable de vivre seule : 
elle est intimement associée, par le plus étroit des liens naturels,
au mensonge. 
La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, 
et le mensonge son seul soutien dans la violence.
 Tout homme qui a choisi la violence comme moyen 
doit inexorablement choisir le mensonge comme règle.

Au début, la violence agit à ciel ouvert, et même avec orgueil. 
Mais, dès qu'elle se renforce, qu'elle est fermement établie, 
elle sent l'air se raréfier autour d'elle et elle ne peut survivre 
sans pénétrer dans un brouillard de mensonges, 
les déguisant sous des paroles doucereuses. 
Elle ne tranche pas toujours, pas forcément, les gorges ; 
le plus souvent, elle exige seulement 
un acte d'allégeance au mensonge, une complicité.

Et le simple acte de courage d'un homme simple est de refuser le mensonge. 
Que le monde s'y adonne, qu'il en fasse même sa loi - mais sans moi.

Les écrivains et les artistes peuvent faire davantage. 
Ils peuvent vaincre le mensonge. 
Dans le combat contre le mensonge, l'art a toujours gagné, 
et il gagnera toujours, ouvertement, irréfutablement, dans le monde entier. 
Le mensonge peut résister à beaucoup de choses.
Pas à l'art.

Et dès que le mensonge sera confondu, 
la violence apparaîtra dans sa nudité et dans sa laideur. 
Et la violence, alors, s'effondrera.

C'est pourquoi, mes amis, je pense que nous pouvons 
aider le monde en cette heure brûlante. 
Non en nous donnant pour excuse de ne pas être armés, 
non en nous adonnant à une vie futile, mais en partant en guerre.

Les Russes aiment les proverbes qui ont trait à la vérité. 
Ceux-ci expriment de façon constante et parfois frappante 
la dure expérience de leur pays :
 « Une parole de vérité pèse plus que le monde entier. »
.

lundi 30 septembre 2019

Sans la liberté


"Sans la liberté il n’y a rien au monde,
 elle seule donne du prix à la vie."
.
François-René de Chateaubriand
.



« Chaque année depuis un peu plus vingt ans, 
les plaques tectoniques de notre société politique 
se déplacent dans une mesure telle que j’ai fini, 
comme bien d’autres, par me demander si l’amour de la liberté,
 ou celui de l’État de droit qui vise à le garantir,
 n’était pas un simple vernis, une référence morte, 
un propos de fin de banquet. »
.









jeudi 26 septembre 2019

mercredi 25 septembre 2019

...ça "bouge" pour le climat !



Des milliers et des milliers de personnes dans les rues, partout dans le monde...

Et un "coup de gueule" bien senti...
.


lundi 29 juillet 2019

Se "pauser"





De temps en temps, il faut faire une pause
pour permettre à notre âme de nous rejoindre.
.
Proverbe indien
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samedi 27 juillet 2019

Métamorphose



Tout est en évolution permanente.
Mais il arrive un temps où le changement devient soudain 
plus rapide, plus brusque, plus spectaculaire.
Le bourgeon compact se transforme en fleur épanouie.
La chenille s'extirpe de son épaisse gangue sombre 
et se mue en papillon léger et multicolore.
L'adolescent devient un adulte.
Une peuplade ne vivant que dans la peur, l'égoïsme et la violence, 
se transforme en civilisation consciente et solidaire.

Cette métamorphose s'effectue le plus souvent 
par spasmes, contractions, douleurs.
Lorsqu'elle est achevée, il ne reste plus qu'une vieille enveloppe vide 
accrochée à une branche d'arbre, 
des souvenirs pénibles associés à des photos jaunies,
 des drames notés dans des livres d'histoire, 
des ruines et des musées, autant de vestiges dérisoires
d'un monde archaïque.

Et l'être transmuté peut s'envoler vers le soleil 
pour faire sécher ses ailes neuves.




Cependant, à mesure qu'approche le temps de la Métamorphose, 
surgissent des forces visant à l'empêcher de se réaliser. 
Celles-ci émanent de tous ceux qui craignent la transformation vers l'inconnu 
et préfèrent la stagnation, voire le retour en arrière.
Il ne faut pas sous-estimer ces forces de blocage.
Tout d'abord parce qu'elles s'avèrent souvent majoritaires,
 ensuite parce qu'elles sont plus puissantes, car mieux enracinées, 
que les forces évolutives.

L'envie de rester dans le monde ancien est rassurante. 
La crainte d'avancer est naturelle. 
Pourtant, s'il refuse de changer, l'organisme se sclérose, 
étouffe dans sa vieille peau, sans révéler son vrai potentiel.

Quand un individu arrive à élargir son champ de vision 
dans le temps et dans l'espace, il est naturellement tenté 
de souhaiter sa propre métamorphose, 
mais aussi celle de tous les êtres qui l'entourent.


Bernard Werber
"Troisième humanité"
Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu
.




mercredi 24 juillet 2019

Allez plus loin !






On ne veut rien laisser tomber du passé 
et on est de plus en plus courbé 
sous le poids d’une accumulation inutile.

Vous avez un guide sur un morceau de chemin, 
laissez le chemin, et le guide, et allez plus loin.

C’est une chose que les hommes font avec difficulté ; 
quand ils attrapent quelque chose qui les aide, 
ils s’y accrochent et puis ils ne veulent plus bouger.

Ceux qui ont fait un progrès avec le Christianisme ou l’Hindouisme, 
ne veulent pas les laisser et ils les portent sur leurs épaules. 
Cela alourdit la marche et vous retarde infiniment.

Une fois que vous avez passé l’étape, laissez-la tomber. 
Qu’elle s’en aille ! Allez plus loin.
.

Ce que nous prenons souvent pour une vérité ultime, 
n’est le plus souvent qu’une expérience incomplète de la Vérité 
– et sans doute la totalité de l’expérience n’existe-t-elle nulle part
 dans le temps et dans l’espace, en aucun lieu, 
en aucun être si lumineux soit-il, 
car la Vérité est Infinie,
elle va toujours de l’avant. 
.


Satprem




mardi 23 juillet 2019

Chemin de vérité





Vous êtes des êtres de lumière. 
Nés de la lumière, vous retournerez à la lumière 
et serez sur le chemin, guidés par la lumière 
de votre être infini.

Vous vivez dans un monde créé par vous de toutes pièces. 
La vérité prend sa source dans les cœurs, 
et ce que vous admirez le plus aujourd'hui,
vous le deviendrez.

Que ni l'apparente noirceur, ni le mal,
ni ce vêtement usé qu'est la mort 
ne vous effraient ou vous déconcertent, 
car ils ne sont que des défis
que vous avez choisis de relever.

Sur la pierre de l'amour, venez poser votre tête; 
à la source de l'amour, venez vous abreuver et tirer les forces 
qui, à chaque instant, vous permettront de transformer votre vie.

La vérité et la lumière sont à la portée de ceux qui désirent les connaître.
Imagine que de tout ton cœur, tu désires savoir qui tu es, d'où tu viens,
 où tu vas et la raison pour laquelle tu te trouves ici.

Imagine ensuite que tu n'auras de cesse 
que lorsque tu auras trouvé réponses à toutes ces questions.
.
Richard Bach 
"Un"
.





jeudi 11 juillet 2019

Nos vies



Our lives are not our own,
From womb to tomb we are bound to others,
Past and present, 
And by each crime, and each kindness
We birth our future.





Nos vies ne nous appartiennent pas.
De la matrice à la tombe,
nous sommes liés les uns aux autres.
Passé et présent.
Et par chaque crime et chaque bienveillance,
nous enfantons notre avenir.
.

Dialogue du film
"Cloud Atlas"

.







samedi 6 juillet 2019

Pressentiment

 
 
 
Je suis comme un drapeau entouré de lointains.
Je pressens les vents, ils arrivent, et je dois les vivre,
tandis que les choses en bas
ne sont même pas encore remuées :
Les portes se ferment encore doucement,
et tout est calme dans les cheminées ;
Les fenêtres ne tremblent pas encore,
et lourde est encore la poussière.
Mais je sais proche les tempêtes
et je suis agité comme la mer.
.
Rainer Maria Rilke
.



mercredi 12 juin 2019

Tweets d'Edgar Morin



L'humanité est comme un kamikaze 
qui court vers sa perte avec une ceinture d'explosifs.

Le trou noir par lequel notre civilisation pourrait s'effondrer
est l'absence de pensée.

Les aspirations sont là, la révolte est là, 
mais la pensée pas encore (Nuits Debout).

Ils ont admirablement analysé l'accessoire,
 ils sont assez lucides sur tout ce qui est secondaire,
ils sont aveugles sur le principal.

Jusqu'où iront les révoltes aveugles contre les élites aveugles ?

La carence de la pensée qui compartimente les savoirs
 sans pouvoir affronter les problèmes globaux et fondamentaux,
stérilise la politique.

Il y a une forte croissance, c'est vrai,
mais seulement du crétinisme.

La régression progresse...

Nous avons déconstruit l’être humain, 
Il faut à présent déconstruire la déconstruction 
et retrouver l’être humain dans sa complexité.

Comment concerter progrès technologique et progrès humain
tant que les dynamiques de l'un et de l'autre
sont de plus en plus dissociées ? 
 
Notre logique ne fonctionne que pour des bouts de réalité
que nous avons découpés et compartimentés.

Le oui ou non est bon pour la décision et l'action.
 Le oui et non est pour la connaissance et la pensée.

La spécialisation doit-elle se payer par une parcellisation absurde
où la connaissance se disloque en mille savoirs clos?

Ma raison m’enseigne que la raison ne peut tout comprendre :
ma raison me conduit à ses limites,
c’est à dire aux bords du mystère.

Comprenons enfin que nous sommes confrontés
à l'incompréhensible.

Deux ennemis de la pensée:
la disjonction qui sépare l'inséparé;
la réduction qui croit connaitre un tout complexe
à partir d'un élément.


L'important n'est pas le tout, ni les parties, 
c'est les relations entre le tout et les parties.

La connaissance ne peut être complète,
mais elle peut être complexe.

La rationalisation de la vie humaine
est une des formes contemporaines de la folie.

Dès qu'un sujet humain est vu à travers des chiffres, 
il devient objet.

En période de crise, les humains révèlent soit le meilleur,
soit le pire d'eux-mêmes.

Aujourd’hui bien des possibles sont impossibles, 
demain bien des impossibles deviendront possibles.


C'est dans les périodes de désespérance
que surgissent les espérances les plus folles.


Edgar Morin
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vendredi 31 mai 2019

Technologie, contrôle et liberté


« Nous rêvons tous d’un monde bienveillant, attentif à nous. 
Un monde qui prenne soin de nos esprits et de nos corps stressés, 
qui nous protège et nous choie, nous aide et corrige nos erreurs, 
qui nous filtre l’environnement et ses dangers. 
Un monde qui s’efforce d’aménager un technococon pour notre bien-être. 
L’intelligence ambiante pourvoit à ça. (…) 
Elle courbe cette bulle autour de nos solitudes. »

Alain Damasio
"Les furtifs"
.


 

La folie n'est plus folle, dès qu'elle est collective.
J’essaie de me demander pour chaque technologie que j’utilise 
en quoi elle accroît ma puissance personnelle, de pensée, 
d’émotion, de liberté, et en quoi elle me mutile ? 
Cette question, il faut vraiment l’avoir pour soi et collectivement.
.
On méconnaît de beaucoup la puissance de la télévision. 
On la croit forte par ses séries, ses magazines 
et les modèles qu'elle imprime, fait circuler et met en boucle. 
On sait qu'elle conforme plus qu'elle n'informe.
 On voit bien qu'elle normalise les modes de vie plus efficacement 
que ne le fera jamais aucun pouvoir étatique. 
Qu'elle est par là le plus sûr garant de la cohésion sociale. 
Tout cela est vrai. Mais on fait semblant d'oublier la matière. 
Ce qui concrètement se passe : des êtres isolés sont assis, immobiles, 
les yeux fixés sur des points lumineux en balayage constant, 
lumière atténuée, maintien de l'excitation auditive à un niveau relativement égal, 
monotonie qui centre l'attention consciente sur le peu d'influx qui reste. 
Voilà ce qu'est la télé. 
Peu importe la qualité des émissions 
ou toute critique de contenu !
.
Mais ce qui m’intéresse, c’est que le contrôle est devenu horizontal. 
C’est l’idée de votre dossier, “Tous espions”. 
Certains appellent ça la surveillance oblique, 
moi j’appelle ça surveillance horizontale.
 Il y a une espèce de nasse de contrôle, croisée, extrêmement dense.
 Qui s’opère aussi bien du mari sur sa femme, du père sur sa fille, 
de la fille sur ses parents, de l’employeur sur ses futurs employés 
en les googlisant ou en allant chercher sur Facebook des informations.
Devenir libre est une maladie qui se transmet par le sang et le sperme. 
Une fois contractée, aucun patron, aucun gouvernement, 
aucune prison ni aucune arme ne vous en guérissent. 
C'était cela qui me rassurait quand je voyais 
les enfants courir dans les villages. 
Ils étaient déjà atteints, ils étaient tous malades, 
gangrenés de liberté... 
.
 
Alain Damasio
.


mardi 28 mai 2019

Celui qui s'accomplit




L’arbre n’est point semence, puis tige, puis tronc flexible, puis bois mort. 
Il ne faut point le diviser pour le connaître.

L’arbre, c’est cette puissance qui lentement épouse le ciel.

Ainsi de toi, mon petit d’homme. Dieu te fait naître, te fait grandir, 
te remplit successivement de désirs, de regrets, de joies et de souffrances, 
de colères et de pardons, puis il te rentre en Lui. 
Cependant, tu n’es ni cet écolier, ni cet époux, ni cet enfant, ni ce vieillard. 
Tu es celui qui s’accomplit.

Et si tu sais te découvrir branche balancée, bien accrochée à l’olivier,
 tu goûteras dans tes mouvements l’éternité.

Antoine de St Exupéry
  "Citadelle"




lundi 20 mai 2019

Le courage




 
Le courage, ce n'est pas d'avoir la force de continuer,
c'est de continuer quand vous n'avez plus de force.
.
Théodore Roosevelt
.
 

Tous, nous serions transformés 
si nous avions le courage d’être ce que nous sommes.
.
Marguerite Yourcenar


Le succès ne se mesure pas par ce que vous accomplissez, 
mais par l’opposition que vous avez rencontrée, 
et le courage avec lequel vous avez maintenu la lutte 
contre toute attente.
.
Orison Swett Marden






vendredi 17 mai 2019

Il a construit sa propre cathédrale !



Il n'y a pas que des effondrements...
il y a aussi des choses qui "lèvent"
qui grandissent, qui "vont vers le haut"...
Et il existe des êtres qui, en dépit de tout,
ne renoncent pas à leur rêve...
.
La Licorne
.


Don Justo Gallego Martinez sur le toit de la Cathédrale de Nuestra Senora del Pilar
 


En janvier 1997, j'étais tombée par hasard sur une émission  télé
qui m'avait fait, à l'époque, une très forte impression ...
J'y ai repensé récemment, après l'incendie de Notre-Dame de Paris,
et je suis allée la revisionner.

C'était un reportage sur un extraordinaire "Bâtisseur de cathédrale" :
dans le village de Mejorada Del Campo, à 20 km de Madrid :
là-bas, un homme passionné (et enfant du pays), 
s'est attelé depuis 1961 à la construction, 
à lui seul, d'une cathédrale...

Cette cathédrale, d'une étrange beauté
"la première construite par un homme seul", 
atteint maintenant des dimensions impressionnantes: 
50 m de long sur 30 de large, 
une  coupole qui culmine à 55 m du sol...

Don Justo l'a édifiée de façon entièrement artisanale
 et à l'aide de matériaux récupérés...ici et là.
Toute la conception architecturale est de lui
et il travaille sans plan, en suivant son inspiration...
au jour le jour.

Ce fils de paysan n'est pas cultivé,
n'a aucune connaissance en maçonnerie, 
en architecture ou en quoique ce soit 
qui touche à la construction,
 mais il poursuit son rêve depuis plus de 55 ans.

Au départ, il a simplement aplani le sol 
et commencé à construire sur un terrain 
qu'il a hérité de son père.
Il a ensuite poursuivi son projet "fou"
avec un courage et une tenacité
qui forcent l'admiration.

A plus de 90 ans, il travaille toujours à son oeuvre
et le résultat de ses efforts est absolument incroyable...

La Licorne
 

(cliquer sur les liens pour voir les images)






mercredi 15 mai 2019

Inconnu qui nous tire




Toujours il y a une vieille mémoire qui remue en nous,
Quelque chose qui chante de l’autre côté,
Ou qui appelle, ou qui hante.
De l’autre côté de quoi, on ne sait pas très bien.


Toujours il y a un vieil Inconnu qui nous habite et qui nous tire,
Et qui semble si vieux, et si proche,
Comme un inconnu qui serait quand même connu,
Qui serait nous-mêmes et plus que nous,
Comme un enfant perdu qui ne s’y retrouve plus…
Et ça tire, vers quoi, on ne sait pas, on ne sait plus.
Et pourtant c’est comme si on avait toujours su.
C’est un pays « là-bas » où l’on avait couru, joué, toujours joué,
Un grand espace ensoleillé qui nous habite quand même.


Entre nos quatre murs et nos complets-vestons si étriqués.
Il y a une vieille musique qui s’obstine,
Un vieil oiseau sauvage jamais attrapé
Qui bat quand même des ailes dans notre cage.
.
"La clef des contes"
.



lundi 13 mai 2019

Evolution






On n'est pas dans une crise morale,
on n'est pas dans une crise
politique, financière, religieuse,
on est dans une crise évolutive.
On est en train de mourir à l'humanité
pour naître à autre chose...
.
.



vendredi 10 mai 2019

Il y a des choses que je ne dis à personne






Il y a des choses que je ne dis à Personne Alors
Elles ne font de mal à personne
Mais le malheur c’est
Que moi
Le malheur le malheur c’est
Que moi ces choses je les sais

Il y a des choses qui me rongent La nuit
Par exemple des choses comme
Comment dire comment des choses comme des songes
Et le malheur c’est que ce ne sont pas du tout des songes

Il y a des choses qui me sont tout à fait
Mais tout à fait insupportables même si
Je n’en dis rien même si je n’en
Dis rien comprenez comprenez moi bien

Alors ça vous parfois ça vous étouffe
Regardez regardez moi bien
Regardez ma bouche
Qui s’ouvre et ferme et ne dit rien

Penser seulement d’autre chose
Songer à voix haute et de moi
Mots sortent de quoi je m’étonne
Qui ne font de mal à personne

Au lieu de quoi j’ai peur de moi
De cette chose en moi qui parle

Je sais bien qu’il ne le faut pas
Mais que voulez-vous que j’y fasse
Ma bouche s’ouvre et l’âme est là
Qui palpite oiseau sur ma lèvre

O tout ce que je ne dis pas
Ce que je ne dis à personne
Le malheur c’est que cela sonne
Et cogne obstinément en moi
Le malheur c’est que c’est en moi
Même si n’en sait rien personne
Non laissez moi non laissez moi
Parfois je me le dis parfois
Il vaut mieux parler que se taire

Et puis je sens se dessécher
Ces mots de moi dans ma salive
C’est là le malheur pas le mien
Le malheur qui nous est commun
Épouvantes des autres hommes
Et qui donc t’eut donné la main
Étant donné ce que nous sommes

Pour peu pour peu que tu l’aies dit
Cela qui ne peut prendre forme
Cela qui t’habite et prend forme
Tout au moins qui est sur le point
Qu’écrase ton poing
Et les gens Que voulez-vous dire
Tu te sens comme tu te sens
Bête en face des gens Qu’étais-je
Qu’étais-je à dire Ah oui peut-être
Qu’il fait beau qu’il va pleuvoir qu’il faut qu’on aille
Où donc Même cela c’est trop
Et je les garde dans les dents
Ces mots de peur qu’ils signifient

Ne me regardez pas dedans
Qu’il fait beau cela vous suffit
Je peux bien dire qu’il fait beau
Même s’il pleut sur mon visage
Croire au soleil quand tombe l’eau
Les mots dans moi meurent si fort
Qui si fortement me meurtrissent
Les mots que je ne forme pas
Est-ce leur mort en moi qui mord

Le malheur c’est savoir de quoi
Je ne parle pas à la fois
Et de quoi cependant je parle

C’est en nous qu’il nous faut nous taire

Louis Aragon 


vendredi 3 mai 2019

Résilience intérieure






La notion d’effondrement fait débat dans le monde de l’écologie. Certains disent que l’annoncer dissuade de lutter contre la crise écologique. Qu’en pensez-vous ?
 

Face au mot effondrement, il y a une diversité de réactions.
Il y a des gens qui sont sidérés, dans le déni, qui ne veulent pas voir la catastrophe.
Il y en a qui disent « oui, il y a des catastrophes, mais on pourrait encore les éviter ».
Il y en a qui disent « ah, enfin, on dit qu’il y a des catastrophes, 
maintenant, on passe à l’action ».

Beaucoup de gens dans le milieu de l’écologie m’ont dit  
« arrête avec tes mauvaises nouvelles, cela démobilise ».
Je trouve que c’est faux.
Cette réaction cache une peur de traverser des peines et des souffrances.

Ne rester que dans les bonnes nouvelles et le positif, pour moi, c’est bancal.
On ne voit pas arriver les choses. Je suis plutôt dans la posture du catastrophisme éclairé
du philosophe Jean-Pierre Dupuy : on va se forcer à voir les mauvaises nouvelles,
on va même considérer, alors qu’elles sont incertaines, qu’elles sont certaines,
pour pouvoir mieux les éviter.

Cela en désarçonne certains, moi, je trouve que c’est plus puissant.
Dans le nouveau livre, on appelle cela les « pessimistes plus ».
Il y a aussi les « pessimistes moins », ceux qui disent que tout est foutu.
Ils ont deux pieds dans les mauvaises nouvelles
et d’un point de vue éthique, c’est insupportable.

Et à l’inverse, il y a les « optimistes moins », les béats :
ceux qui ne veulent pas voir les mauvaises nouvelles
et vont se prendre un mur parce qu’ils ne regardent pas en face.
Enfin il y a les « optimistes plus », dont on a besoin
 parce qu’une fois conscients des mauvaises nouvelles,
ils passent à l’action.

Donc, dire que l’on peut encore éviter un changement climatique 
allant au-delà de 2 °C ou 1,5 °C, 
c’est ne pas se donner les moyens de s’y opposer ?

En fait, il est déjà trop tard pour plein de choses.
Limiter le réchauffement climatique à plus 1,5 °C, je n’y crois plus.
Plus 2 °C, cela me paraît hyper optimiste.
On pourra même aller à plus 9 °C si on trébuche
et qu’on n’avait pas prévu quelque chose.
Cela signifie l’anéantissement de la biosphère.

Pourtant, il faut agir, on en a le devoir éthique.
Ce n’est pas parce qu’on a des chances
de ne pas arriver à inverser la tendance
 qu’il ne faut pas se mettre en action.

Je prends la métaphore de la maladie incurable :
le médecin vous annonce que vous avez un cancer
et que vous n’en avez plus que pour six mois.
Comment allez-vous faire pour les vivre le mieux possible ?
C’est une question de récit, d’émotions, de cheminement intérieur.
Et si vous les vivez bien, avec conscience qu’il y a une fin possible,
vous aurez une chance, peut-être, de la repousser, voire de guérir.
(...)

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Pablo Servigne
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jeudi 2 mai 2019

L'humanité en péril



"L'humanité en péril", 
c'est le nom du dernier livre de Fred Vargas...
Non, ce n'est pas une enquête policière, c'est une enquête tout court...
Une enquête fouillée et très documentée sur l'état actuel de la planète
et sur les dangers bien réels
que nous encourons dans les toutes prochaines années
et dont personne ne nous parle franchement...

Si vous voulez vivre confortablement
en vous bouchant les yeux et les oreilles, 
ne lisez pas ce livre, 
n'écoutez pas l'émission ci-dessus

Mais si vous vous sentez capables d'affronter la réalité
et que vous avez un peu d'estime et de respect
pour ceux et celles qui ont le courage de "parler vrai"...
alors, comme le dit avec humour François Ruffin, 
"faites péter le cérumen"...
et prenez le temps de vous informer...
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La Licorne
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lundi 15 avril 2019

Reliance




Il n'y a rien de ce que nous vivons chacun
dans notre être, dans nos destins particuliers,
qui ne soit l'affaire de tous.

Il n'y a aucune expérience que nous fassions,
aucune chose que nous vivions,
qui ne se répande, que nous le sachions ou non,
 à travers le monde.

Toutes les dégradations que nous vivons
nous dégradent tous.
Toutes les relations claires et hautes
nous éclairent tous et nous élèvent.

D'autres sont branchés
sur les mêmes longueurs d'ondes
et peuvent les amplifier.
Si je m'élève, j'élève les autres.

Imaginez ce filet de pêcheur sur une plage.
Je ne peux soulever une maille
sans que le filet entier ne vienne avec.
Il n'y a rien qui soit séparé.
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Christiane Singer
"Du bon usage des crises"
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lundi 25 mars 2019

L'individu face à la masse




L’homme qui n’est pas ancré dans le divin 
n’est pas en état de résister, par la seule vertu de son opinion personnelle, 
à la puissance physique et morale qui émane du monde extérieur.
Pour s’affirmer en face de ce dernier, 
l’homme a besoin de l’évidence de son expérience intérieure, 
de son vécu transcendant, qui seuls peuvent lui épargner 
l’inévitable glissement dans la masse collective....
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Un mouvement de masse, comme on peut s'y attendre, 
glisse de préférence sur un plan incliné qui est déjà préformé par le grand nombre; 
là où il y a une multitude, on se trouve en sécurité; 
ce qui est la croyance d'un grand nombre de gens ne peut manquer d'être la vérité; 
ce que beaucoup d'individus veulent doit être désirable, voire nécessaire et donc bon.

Dans le désir du grand nombre se trouve la puissance qui permet de forcer les choses 
et de parvenir à la réalisation des souhaits; le plus beau semble pourtant être 
de se laisser glisser avec douceur et sans douleur
vers une espèce de pays de l'enfance 
où l'on peut s'abandonner à la vigilance des parents et se dépouiller, 
comme lorsqu'on était enfant, des soucis et de la responsabilité.
Ne pense-t-on pas et ne s'occupe-t-on pas de vous en haut lieu ? 
A toutes les questions, des réponses sont prévues; 
pour tous les besoins, le nécessaire est fait.


Ce somnambulisme infantile de l'homme de masse
est si éloigné de la réalité qu'il ne se pose jamais la question :
qui donc paie pour ce paradis ? 
Pour le règlement de l'addition,  
on s'en remet aux institutions supérieures, 
ce que celles-ci acceptent volontiers, car leur puissance 
se trouve augmentée par cette exigence.

Mais plus leur puissance augmente, 
plus l'individu isolé se trouve dépourvu et affaibli.
Chaque fois qu'un tel état social prend des proportions importantes, 
il prépare le chemin de la tyrannie
il lui ouvre les portes et la liberté de l'individu  
se transforme en un esclavage physique et spirituel.


La tyrannie étant en soi immorale et prête à tout pour atteindre son but, 
elle est naturellement plus libre dans le choix de ses moyens 
qu'un régime qui tient encore compte de l'individu.
Lorqu'un tel régime entre en opposition avec une tyrannie, 
il éprouve rapidement l'inconvénient effectif 
qu'entraîne la sauvegarde de la moralité 
et se sent bientôt incité à utiliser si possible les mêmes moyens. 
De cette façon, le mal se répand presque obligatoirement, 
même si une contamination directe pouvait être évitée.


Cette contamination est partout menaçante à l'extrême 
dès que les grands nombres et les valeurs statistiques ont acquis un poids déterminant. 
Cela est précisément le cas à un degré élevé dans notre monde occidental.

Le grand nombre -c'est-à-dire les masses et leur puissance écrasante - 
nous est présenté jour après jour par les journaux sous une forme ou une autre. 
L'insignifiance de l'individu se trouve ainsi si clairement démontrée 
que celui-ci doit perdre tout espoir de se faire entendre 
où que ce soit et par quelque moyen que ce soit.


Les idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité, usés jusqu'à la corde, 
ne lui sont plus d'aucun secours, car il ne peut adresser ses appels 
qu'à ses propres bourreaux, les représentants de la masse.

Seul peut résister à une masse organisée le sujet 
qui est tout aussi organisé dans son individualité que l'est une masse.
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C.G. JUNG




vendredi 22 mars 2019

Brèche



Chaque période de trouble dans l'histoire
ouvre une brèche d'espoir ;
et la seule chose certaine et inchangeable
est que rien n'est certain ni inchangeable.
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 John Fitzgerald Kennedy
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mardi 19 mars 2019

Changement : intérieur ou extérieur ?




On bute toujours sur la question suivante :
Quand il y a un grand désir de changement,
faut-il essayer de se changer soi-même
ou essayer de changer ce qui nous entoure ?
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Voici la réponse de Clarissa Pinkola Estes :
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Le piège dans le piège serait de penser
que tout est résolu une fois qu'on a dissous les projections
et eu accès à la conscience en soi-même.
C'est quelquefois vrai. Pas toujours.

Plutôt que d'utiliser un paradigme modèle "ou/ou"
-ou c'est à l'extérieur de moi ou c'est en moi -
mieux vaut utiliser un paradigme "et/et"
-là est le problème intérieur 
et là est le problème extérieur-
qui permet une recherche globale
et une guérison plus complète.

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 "Femmes qui courent avec les loups"
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