mercredi 12 juin 2019

Tweets d'Edgar Morin



L'humanité est comme un kamikaze 
qui court vers sa perte avec une ceinture d'explosifs.

Le trou noir par lequel notre civilisation pourrait s'effondrer
est l'absence de pensée.

Les aspirations sont là, la révolte est là, 
mais la pensée pas encore (Nuits Debout).

Ils ont admirablement analysé l'accessoire,
 ils sont assez lucides sur tout ce qui est secondaire,
ils sont aveugles sur le principal.

Jusqu'où iront les révoltes aveugles contre les élites aveugles ?

La carence de la pensée qui compartimente les savoirs
 sans pouvoir affronter les problèmes globaux et fondamentaux,
stérilise la politique.

Il y a une forte croissance, c'est vrai,
mais seulement du crétinisme.

La régression progresse...

Nous avons déconstruit l’être humain, 
Il faut à présent déconstruire la déconstruction 
et retrouver l’être humain dans sa complexité.

Comment concerter progrès technologique et progrès humain
tant que les dynamiques de l'un et de l'autre
sont de plus en plus dissociées ? 
 
Notre logique ne fonctionne que pour des bouts de réalité
que nous avons découpés et compartimentés.

Le oui ou non est bon pour la décision et l'action.
 Le oui et non est pour la connaissance et la pensée.

La spécialisation doit-elle se payer par une parcellisation absurde
où la connaissance se disloque en mille savoirs clos?

Ma raison m’enseigne que la raison ne peut tout comprendre :
ma raison me conduit à ses limites,
c’est à dire aux bords du mystère.

Comprenons enfin que nous sommes confrontés
à l'incompréhensible.

Deux ennemis de la pensée:
la disjonction qui sépare l'inséparé;
la réduction qui croit connaitre un tout complexe
à partir d'un élément.


L'important n'est pas le tout, ni les parties, 
c'est les relations entre le tout et les parties.

La connaissance ne peut être complète,
mais elle peut être complexe.

La rationalisation de la vie humaine
est une des formes contemporaines de la folie.

Dès qu'un sujet humain est vu à travers des chiffres, 
il devient objet.

En période de crise, les humains révèlent soit le meilleur,
soit le pire d'eux-mêmes.

Aujourd’hui bien des possibles sont impossibles, 
demain bien des impossibles deviendront possibles.


C'est dans les périodes de désespérance
que surgissent les espérances les plus folles.


Edgar Morin
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