mardi 12 juin 2018

La sieste du pêcheur


Pour faire suite à l'article précédent, à propos du "travail fétiche",
je trouve que cette petite histoire, régulièrement racontée
-avec un brin de malice- par Pierre Rabhi,
résume bien les choses... :-)
 
 
 

Un pêcheur vient de finir son travail, sa barque est amarrée à côté de lui sur le bord d’une plage, son filet est étendu dessus et lui, il se repose. Passe un homme sérieux, qui regarde la barque :
 
« Monsieur, vous devriez être en mer à cette heure-ci !
- Pourquoi ?
- Enfin, pour gagner votre vie, vous n’arriverez jamais à rien en restant là à faire la sieste. Elle est à vous, cette barque ?
- Oui.
- Oh, mais elle est petite...
- Oui, elle l'est…
- Vous pourriez en avoir une plus grande.
- Et après ?
- Ben, après, vous pêcherez beaucoup plus de poissons !
- Et après ?
- Vous aurez gagné tellement d’argent que vous pourrez acheter un bateau encore plus grand !
- Et après ?
- Vous embaucherez des gens pour faire le travail à votre place…
- Et après ?
- Vous vous reposerez !
- Eh bien, c’est ce que je suis en train de faire. »

 
extrait du livre
« Demain. Un nouveau Monde en marche »
de Cyril Dion, Actes sud
.
 
 
 

dimanche 3 juin 2018

Cage invisible





Vous mettez le doigt sur l'un des grands problèmes de l'humanité. [...]
Très peu d'hommes savent se forger une opinion par eux-mêmes.
 
Aussi répètent-ils ce que leur ont dit leurs parents,
puis leurs professeurs et enfin ce qu'ils ont entendu aux informations du soir,
et ils finissent par se convaincre qu'il s'agit là de leur opinion personnelle,
au point de la défendre ardemment face à d'éventuels contradicteurs.
 
Il suffirait pourtant qu'ils tentent d'observer par eux-mêmes,
de penser par eux-mêmes et ils découvriraient le monde tel qu'il est
et non pas comme on les conditionne à le voir.
.
 
Bernard Werber
"Nous, les dieux"
 
 
 .
 
 
 
 

mercredi 23 mai 2018

Penser l'impensable





Ce qui nous sépare du pouvoir rédempteur qui nous habite,
ce sont les représentations idéologiques de notre société
 que nous avons sucées avec le lait de notre mère.
(...)
Le plus difficile pour nous Occidentaux
c'est de penser ce pour quoi nos sociétés
n'ont pas de concepts, pas de réceptacles,
pas de structures préfabriquées.
Le plus difficile c'est la haute voltige de l'imaginable.

Les plus grands tabous ne sont pas seulement
ancrés dans les corps, ils paralysent l'esprit imaginant,
ils interdisent l'accès au non-pensé socioculturel.

Que de fois, lorsque nous évoquons
de nouvelles constellations relationnelles
et/ou d'ordre économique ou social,
la première réaction est de rejet :
"Tu rêves, c'est impossible, ça n'ira pas,
tu vois bien comment ça se passe..."
.
Christiane Singer
"Où cours-tu, ne sais-tu pas
que le ciel est en toi ?"
.


mardi 22 mai 2018

Graines

 
ZAD Notre-Dame des Landes 
 
 
Ils ont essayé de nous enterrer :
ils ne savaient pas que nous étions des graines.
.
Proverbe mexicain
.
 
 
 
Lire article complet ICI
.
 
 

 
 
 
 
 
 


jeudi 10 mai 2018

Le chant de l'âme


 
 
La vie ne nous appartient pas, c'est nous qui lui appartenons.
Elle est transcendante pour la simple raison
que tout en palpitant au plus intime de nous,
elle est infiniment au-dessus et au-delà de nous.
Nous ne pouvons que nous en remettre à elle en toute confiance.
 
Quand les âmes se font chant,
Le monde d'un coup se souvient.
La nuit s'éveille à son aube ;
Le souffle retrouve sa rythmique.
Par-delà la mort, l'été
Humain bruit de résonance
Quand les âmes se font chant.
 
Écoutons Kandinsky : "L'artiste est la main qui, par l'usage convenable
de telle ou telle touche, met l'âme humaine en vibration (...)
 Cézanne savait faire d'une tasse de thé une création douée d'une âme,
 ou plus exactement reconnaître dans cette tasse un être"
 (Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier).
Tous les êtres ne sont pas forcément artistes,
mais toute âme a un chant.
Elle est à même de répondre à d'autres chants qui lui parlent.
 À toutes les époques, dans toutes les cultures,
 chaque âme a une musique qu'elle aimerait entendre
au moment de quitter le berceau terrestre.
L'âme n'aura de cesse de résonner
avec un chant plus vaste que soi.
 
Ne quémande rien. N'attends pas
D'être un jour payé de retour.
Ce que tu donnes trace une voie
Te menant plus loin que tes pas.
 
François Cheng
 
 
Soudain, nous viennent des flots
De larmes, nous plongeant dans
L'abîme du silence, larmes
De peine, larmes de joie,
Gouttes de pluie qui glissent
Leurs perles sur les feuilles
De lotus, que vient sécher
Un inattendu rayon
De soleil, déjà ardent,
Déjà irradiant, déjà nimbé
De poignante douceur, hors
De toutes voix, hors
De toutes voies, dans
L'innocence de l'instant,
Dans l'abîme de la désormais
Insondable souvenance.
 
 
Ici, à l'ombre, nous avons murmuré
Des choses, et puis tout d'un coup
Nous nous sommes tus,
De crainte qu'à trop toucher
Le secret nos mots ne deviennent cendres.
Une coupe d'encens couvant l'attente
Nous protège du dehors, là,
Près de la fenêtre entrouverte,
L'éclatante pivoine, ivre
De son rêve de rondeur, de parfum,
S'ouvre sans frein au soleil,
Fontaine de pétales jaillie du fond
Aux laves irrévélées, pure flamme
En son interminable délire,
En son irrépressible, inépuisable
vouloir-dire.
 
Le chant le plus authentique est plus
qu'un produit maîtrisé par l'esprit ;
 il jaillit bien de l'âme.

La grande affaire pour un artiste, j'en suis persuadé maintenant,
c'est d'entendre et de donner à entendre  l'âme qui l'habite
et qui résonne de fait  à l'âme cachée de l'univers.
.
François Cheng
"Cinq méditations sur la mort,
autrement dit sur la vie"
.



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mardi 8 mai 2018

Je n'aime pas la guerre




Je n'aime pas la guerre.
Je n'aime aucune sorte de guerre.
Ce n'est pas par sentimentalité.
Je suis resté quarante-deux jours
devant le fort de Vaux et il est difficile
de m'intéresser à un cadavre désormais.

Je ne sais pas si c'est une qualité ou un défaut :
c'est un fait.
Je déteste la guerre.
Je refuse la guerre pour la simple raison
que la guerre est inutile.
Oui, ce simple petit mot.
Je n'ai pas d'imagination.
Pas horrible ; non, inutile, simplement.
Ce qui me frappe dans la guerre
ce n'est pas son horreur : c'est son inutilité.
Vous me direz que cette inutilité précisément est horrible.
Oui, mais par surcroît.

Il est impossible d'expliquer
l'horreur de quarante-deux jours d'attaque devant Verdun
à des hommes qui, nés après la bataille, sont maintenant
dans la faiblesse et dans la force de la jeunesse...

Vous ne pouvez pas leur prouver l'horreur.
Vous n'avez plus rien à votre disposition que votre parole :
vos amis qui ont été tués à côté de vous
n'étaient pas les amis de ceux à qui vous parlez ;
la monstrueuse magie qui transformait
ces affections vivantes en pourriture,
ils ne peuvent pas la connaître ;
le massacre des corps et la laideur des mutilations
se sont dispersés depuis vingt ans
et se sont perdus silencieusement
au fond de vingt années d'accouchements journaliers
d'enfants frais, neufs, entiers, et parfaitement beaux.

À la fin des guerres il y a un mutilé de la face,
un manchot, un boiteux, un gazé... pour dix hommes ;
vingt ans après il n'y en a plus qu'un pour deux cents hommes ;
on ne les voit plus ; ils ne sont plus des preuves.
L'horreur s'efface.

Et j'ajoute que malgré toute cette horreur,
si la guerre était utile
il serait juste de l'accepter.
Mais la guerre est inutile
et son inutilité est évidente.
L'inutilité de toutes les guerres est évidente.

Qu'elles soient défensives, offensives, civiles,
pour la paix, le droit, pour la liberté,
toutes les guerres sont inutiles.
La succession des guerres dans l'histoire
prouve bien qu'elles n'ont jamais conclu
puisqu'il a fallu recommencer les guerres.

La guerre de 1914 a d'abord été pour nous, Français,
une guerre défensive.
Nous sommes-nous défendus ? Non !
Nous sommes au même point qu'avant.
Elle devait être ensuite la guerre du droit.
A-t-elle créé le droit ?
Non, nous avons vécu depuis,
des temps pareillement injustes.

Elle devait être la dernière des guerres ;
elle était la guerre à tuer la guerre.
L'a-t-elle fait ? Non...
elle n'a tué que des hommes inutilement.
La guerre d'Espagne n'est pas encore finie
qu'on aperçoit déjà son évidente inutilité.

Je consens à faire n'importe quel travail utile,
même au péril de ma vie.
Je refuse tout ce qui est inutile
et en premier lieu la guerre
car son inutilité est aussi claire que le soleil.
.
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samedi 5 mai 2018

Contre qui ? Contre quoi ?

 
 


 
Pour qui, comment quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?
C'en est assez de vos violences.
D'où venez-vous ?
Où allez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire silence.
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S'il faut absolument qu'on soit
Contre quelqu'un ou quelque chose,
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes,
Je suis pour les forêts profondes...
Car un enfant qui pleure,
Qu'il soit de n'importe où,
Est un enfant qui pleure,
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils
Est un enfant qui meurt.
Que c'est abominable d'avoir à choisir
Entre deux innocences !...
.


mardi 1 mai 2018

L'art et la liberté

 
Connaissez-vous Jérôme Mesnager ?
Pionnier du street art, peintre poète et...
homme libre ! 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 





  


dimanche 22 avril 2018

Pouvoir de créer



 



Avec nos pensées, nous créons le monde.
.
Bouddha
.








 

vendredi 13 avril 2018

Le pouvoir des mots (2)

 
 

 

Les mots ont le pouvoir de détruire et de soigner,
lorsqu'ils sont justes et généreux,
ils peuvent changer le monde.
 
Bouddha



 
 
 
 
 

mercredi 11 avril 2018

J'avais un cheval

 
 
 
 
J’avais un cheval
Dans un champ de ciel
Et je m’enfonçais
Dans le jour ardent.
Rien ne m’arrêtait
J’allais sans savoir,
C’était un navire
Plutôt qu’un cheval,
C’était un désir
Plutôt qu’un navire,
C’était un cheval
Comme on n’en voit pas,
Tête de coursier,
Robe de délire,
Un vent qui hennit
En se répandant.
Je montais toujours
Et faisais des signes :
« Suivez mon chemin,
Vous pouvez venir,
Mes meilleurs amis,
La route est sereine,
Le ciel est ouvert.
Mais qui parle ainsi ?
Je me perds de vue
Dans cette altitude,
Me distinguez-vous,
Je suis celui qui
Parlait tout à l’heure,
Suis-je encor celui
Qui parle à présent,
Vous-mêmes, amis,
Êtes-vous les mêmes ?
L’un efface l’autre
Et change en montant. »
.
Jules Supervielle
.


 
 


mardi 10 avril 2018

La mer et l'infini





Et l'avenir, enfant bénie?
" La mer sous un soleil sans voiles,
La mer puissante, éblouissante
Qui, là-bas, rejoint l'infini."
.
"Poèmes"
.



 

vendredi 6 avril 2018

Salut l'artiste !


 
 
 
   

Il aimait la musique, les chansons,
l'improvisation, la folie de l'instant...
Il aimait la Vie...
et c'est pour ça qu'on l'aimait !
 
Tu vas nous manquer...
 


 



 

 

mardi 3 avril 2018

Naître...





Nous sommes appelés à sortir de nos cachettes de poussière,
de nos retranchements de sécurité,
et à accueillir en nous l'espoir fou, immodéré
d'un monde neuf, infime, fragile, éblouissant.
 
Naître...
 
Christiane Singer
- Derniers fragments d'un long voyage -




 

mardi 27 mars 2018

Demain sera parfait

 
 
 



Mieux vaut allumer une petite lumière
que de maudire l'obscurité.
.
Confucius
.

L’avenir n’est pas un endroit où nous allons,
 mais un endroit que nous créons.
Les chemins n’ont pas à être découverts,
 mais bien créés.
.
John H. Schaar
.


Tu es toujours libre de changer d’idée
et de choisir un avenir différent.
.
Richard Bach
.
 






 

vendredi 16 mars 2018

Révolution intérieure

 
 
 
 
Beaucoup le soupçonnent déjà :
cette révolution dont il est question ici
se joue en chacun de nous.
Il ne s'agit pas d'un phénomène de masse
qui bon gré mal gré (et le plus souvent mal gré)
transforme la vie de chacun,
mais d'une transformation de la conscience
qui, à partir de chacun de nous,
rayonnera sur le monde qui nous entoure.
.
Je ne résiste pas en ce lieu au plaisir
de raconter une merveilleuse histoire
de la tradition soufie :
.
Un vieil homme sage est interrogé
sur la trajectoire de son existence jusqu'à ce jour.
Et voilà comment il en résume les trois étapes :
 
"A vingt ans, je n'avais qu'une prière :
mon Dieu, aide-moi à changer ce monde
si insoutenable, si impitoyable.
Et vingt ans durant, je me suis battu
comme un fauve pour constater en fin de compte
que rien n'était changé.
A quarante ans, je n'avais qu'une seule prière :
mon Dieu, aide-moi à changer ma femme,
mes parents et mes enfants !
Pendant vingt ans, j'ai lutté comme un fauve
pour constater en fin de compte
que rien n'avait changé.
Maintenant, je suis un vieil homme
et je n'ai qu'une prière :
mon Dieu, aide-moi à me changer
- et voilà que le monde change autour de moi !"
 
.
Christiane Singer
"Du bon usage des crises"
.
 

 
 

mardi 13 mars 2018

Only the winds

  

 
 
J'ai vu l'enfant courir...
j'ai vu l'enfant jouer...
Et j'ai compris d'un coup ce qu'il fallait comprendre...
Et j'ai vu, ô merveille, tout ce qu'il fallait voir...
Et le peu qu'il fallait pour faire fleurir l'avenir :

Respirer en silence dans le souffle du vent
Regarder sans frémir tomber les murs anciens
Accueillir joyeusement toutes les miettes du temps
Ne plus lâcher, enfin, les fils de son destin...
 
 
.
La Licorne 
.


 

vendredi 9 mars 2018

Effondrement de la civilisation ?


  

 

Le pic pétrolier, le climat qui se dérègle, la biodiversité qui disparaît…
Les scientifiques nous bombardent de nouvelles alarmistes, mais que faire ?
Prenons-les enfin au sérieux, préconise Pablo Servigne,
 co-auteur de « Comment tout peut s’effondrer ».
 
Mais pas de panique :
même si le chemin n’est pas facile, il faut l’accepter,
pour commencer à préparer le monde d’après.

 



  



"Il faut se mettre en transition, c’est une opportunité de changer le monde.
Cela veut dire construire des « réseaux des temps difficiles ».
 
C’est retrouver le lien aux autres, à la nature, avec nous-mêmes.
C’est accepter l’interdépendance de tous les êtres.
Quand une civilisation s’effondre, les bâtiments peuvent s’effondrer,
 il reste les liens humains."
 
 
  

vendredi 16 février 2018

Tout ce qui nous relie

 

 
..Car ce qui n'est pas, c'est toi et moi-séparés-
et ce qui est, c'est tout ce qui nous relie,
tout le champ fluctuant entre nos consciences,
cette intensité, cette immensité que nous partageons,
cette immensité tendue comme une vaste voilure
entre Dieu, les choses et les êtres.
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"A quel rivage veux-tu atteindre,
ô mon coeur, réveille-toi !" (Kabir)
.
Ce qui n'est pas, c'est l'océan et la terre -séparés-
mais ce qui est, c'est la grève où ils se rencontrent,
les tapis de sable qui roulent et déroulent sans se lasser
leurs vagues, l'espace de leurs jeux violents et doux.
 
Ce qui n'est pas, c'est le pêcheur et sa barque-séparés-
mais ce qui est, c'est la partance et le désir
et le vent qui ensemble les fait voguer.
Les entités, les choses, les êtres n'existent pas;
ce qui existe, c'est le souffle qui les mène et les soulève.
.
"Du bon usage des crises"
.